VIDEO. Toulouse: Des «canons à poulets» à la pointe pour connaître l'impact des oiseaux sur les avions

SCIENCES Une nouvelle plateforme, dotée de « canon à poulets » pour tester la résistance des avions aux impacts avec les oiseaux ou les grêlons, a été inaugurée ce jeudi à Toulouse…

Beatrice Colin

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Le péril aviaire est pris en compte par les constructeurs aéronautiques lors de la conception de leurs avions.

Le péril aviaire est pris en compte par les constructeurs aéronautiques lors de la conception de leurs avions. — Andrew Caballero-Reynolds / AFP

Il arrive régulièrement que des avions soient percutés par des oiseaux. La plupart du temps, c’est l’oiseau qui perd, ces collisions leur étant quasiment toujours fatales. Pas plus tard que mardi, un flamant rose s’est écrasé contre un avion de ligne à l’aéroport de Montpellier.

Mais parfois, lors de ces rencontres inopinées avec des goélands et autres faucons, les carlingues des aéronefs subissent des dégâts. Les grêlons, les débris de pneus ou de moteurs sont aussi à l’origine de nombreux dommages.

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Pendant longtemps, pour tester la résistance des matériaux qui composent les cockpits, ailes et réacteurs, les constructeurs aéronautiques reproduisaient ces crash-tests grandeur nature avec de vrais poulets. Et c’est toujours le cas pour les phases de certification des nouveaux appareils.

Trois « canons à poulets » nouvelle génération

Mais avant d’en arriver à cette phase ultime pour la mise sur le marché de leur coucou d’acier, ils font au préalable des simulations et essais d’impact en laboratoire. Avec de la gélatine, qui remplace le volatile, des glaçons ou des billes en fer pour simuler les objets métalliques. Airbus vient ainsi de s’engager au sein de la plateforme STIMPACT, inaugurée jeudi à Toulouse, l’une des plus performantes d’Europe.

Au sein de la nouvelle plateforme STIMPACT, installée au sein de l'Espace Clément Ader, à Toulouse.
Au sein de la nouvelle plateforme STIMPACT, installée au sein de l'Espace Clément Ader, à Toulouse. - B. Colin / 20 Minutes

Installée au sein de l’Institut Clément-Ader (ISAE-Université Paul-Sabatier), cette structure possède trois lanceurs, des grosses carabines à air comprimé, ce que certains appellent de manière très imagée les « canons à poulets ».

« Son objectif est de développer des outils qui vont prévoir l’impact et ses conséquences sur les matériaux », indique Philippe Olivier, le directeur de l’Institut Clément-Ader (ICA).

Les chercheurs, dont certains de l’Institut de recherche technologique (IRT) Saint-Exupery, sont là pour modéliser, calculer et tester.

Les projectiles sont lancés à une vitesse allant de 100m/s jusqu’à 800 m/s contre un morceau de fuselage ou une pale d’hélicoptère. « Nous fournissons l’outil pour comprendre ce qui se passe à l’intérieur de la matière, pour voir comment il subit l’impact. Cela peut concerner un hélicoptère, une voiture, un train à grande vitesse, l’ensemble des structures dont on veut garantir la sécurité », poursuit Yves Gourinat, directeur adjoint de l’ICA. Un passage obligé donc pour l’avionneur européen.

« La certification d’un avion dure 6 à 7 ans. Nous voulons gagner sur ces délais, ces outils de laboratoire peuvent nous y aider en évitant d’avoir recours aux tests à l’échelle 1. Aujourd’hui nous avons aussi de nouvelles menaces qui surgissent comme les drones autour des aéroports, il va falloir prévoir leur impact sur les avions ou les hélicoptères, c’est un moyen de rendre nos structures plus robustes », assure Didier Guedra-Degeorges, vice-président Structures manufacturing technologies chez Airbus.

Un enjeu qui est loin d’être anodin financièrement car chaque année, le péril aviaire coûte à lui seul 1,2 milliard de dollars aux avionneurs à travers le monde.