Gillian Galan plaqué sous les yeux de Sébastien Bézy lors d'un match du Top 14 entre le Stade Toulousain et le Stade Français, le 27 mars 2016 au Stadium de Toulouse.
Gillian Galan plaqué sous les yeux de Sébastien Bézy lors d'un match du Top 14 entre le Stade Toulousain et le Stade Français, le 27 mars 2016 au Stadium de Toulouse. - P. Pavani / AFP

Voici trois produits de la pouponnière toulousaine, nés en 1991 et habitués au Top 14 depuis déjà plusieurs années. Cette saison, la charnière Sébastien Bézy - Jean-Marc Doussain devait guider le Stade Toulousain vers des sommets perdus de vue depuis le dernier Bouclier de Brennus, en 2012. Et le troisième ligne centre Gillian Galan était attendu comme le successeur de Louis Picamoles, l’inamovible numéro 8 du XV de France parti pour Northampton, en Angleterre, à l’été 2016.

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Alors que la fin du championnat approche, le trio est loin du compte, en grosses difficultés comme son équipe, seulement huitième du Top 14 et toute proche d’une historique « non-qualification » en phases finales. L’entraîneur Ugo Mola évoque pour cette génération « une crise de croissance nécessaire à la prise de conscience ». « Ces joueurs doivent prendre les clés du jeu et la destinée du club », poursuit le technicien.

L’ouvreur Jean-Marc Doussain se veut philosophe. « C’est le lot de tous les sportifs de haut niveau, on ne peut pas toujours être au top. » « On a peut-être sous-estimé l’impact que peut avoir la non-réussite ou la non-sélection de certains, juge Mola. On a aussi banalisé quelques très gros manqués. 65 ou 67 % de réussite au pied, c’est un vrai déficit, même si ce n’est pas l’essentiel de nos maux. »

« Il y a un an, tout le monde voyait Bézy comme le numéro 9 de l’équipe de France »

Les buteurs sont donc dans le collimateur, alors qu’au haut niveau, un taux de réussite aux alentours de 80 % est exigé : Doussain mais aussi Bézy, encore malheureux dimanche contre La Rochelle (21-27) avec deux ratés qui ont coûté cinq points (une pénalité, une transformation). « Il y a un an, tout le monde voyait Sébastien comme le numéro 9 de l’équipe de France, le défend Doussain. Je suis passé par ces moments avant lui. Il faut savoir relativiser, se servir de l’expérience des échecs antérieurs pour repartir de l’avant. »

Très attendu lors de l’ouverture du Tournoi des VI Nations 2016, Bézy (sept sélections) avait déçu contre l’Italie, avec déjà trois coups de pied ratés. Plus vu en Bleu depuis la tournée de juin en Argentine, il court après la forme éclatante qui lui avait permis d’intégrer le XV de France, et derrière ses concurrents Baptiste Serin et Maxime Machenaud. Doussain faisait quant à lui partie des ambitieux Bleus partis à la conquête de Twickenham et de l’Angleterre, le 4 février. Une incroyable pénaltouche non trouvée et quelques contre-performances en club plus tard, l’Ariégeois aux 15 capes a été écarté par le sélectionneur Guy Novès.

Une non-sélection « logique » pour Doussain

« C’est logique, avec le retour de blessure de François Trinh-Duc, qui est le numéro 1 dans la tête du staff, ou plutôt le numéro 1 bis vu les bonnes prestations de Camille Lopez », avance le champion de France 2011 et 2012, qui assure avoir le cuir solide face aux critiques. « Je fais moins attention à certaines choses, je me remets en question et ça va tourner. A 26 ans, on arrive à sortir plus vite de ce genre de passes. »

Encore faut-il être épargné par les blessures, qui ont longtemps retardé la confirmation du surpuissant Galan, seul non-international A du trio. Entre ses pépins physiques à répétition et ses performances irrégulières, le Montalbanais pointe actuellement derrière le jeune François Cros (22 ans) dans la hiérarchie des numéros 8 stadistes.

Son club a longtemps cherché une recrue à ce poste, mais l’Argentin Facundo Isa et l’Ecossais Josh Strauss, successivement contactés ont finalement opté pour Toulon et Glasgow. En revanche, Doussain et Bézy subiront la concurrence frontale la saison prochaine de l’Australien Zack Holmes (La Rochelle) et d’Antoine Dupont (Castres).

En attendant, le Stade Toulousain compte sur sa génération 1991 pour finir l’actuel exercice du mieux possible, en Top 14 comme en Coupe d’Europe. « On parle avec eux, on essaie d’analyser sur le plan technique et d’accompagner certains sur le plan mental », lance Ugo Mola. Les résultats seront peut-être visibles dès samedi à Brive, où Sébastien Bézy s’était fait contrer en tentant une transformation – image rarissime — voici tout juste un an.

 

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