Toulouse: Cinq chiffres à retenir au rayon livres

CULTURE Pour la première fois, une étude dresse un état des lieux du livre en Occitanie. Ce qu'il faut en retenir, en cinq chapitres…

Helene Menal

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2016 a été un bon cru pour les auteurs toulousains.

2016 a été un bon cru pour les auteurs toulousains. — B. Colin - 20 Minutes

Le livre, poids lourd ou poids plume de l’économie régionale ? Pour la première fois, et nouvelle région oblige, une étude donne les chiffres des lettres en Occitanie. Elle a été réalisée par le Centre régional des lettres de Midi-Pyrénées (CRL) et son homologue montpelliérain, Languedoc-Roussillon Livre et Lecture (LR2L).

137 millions d'euros générés. Depuis les écrivains jusqu’aux librairies en passant par les 282 maisons d’édition recensées, le chiffre d’affaires du livre est estimé dans la région à 137 millions d’euros. Le secteur emploie en tout 11.400 personnes dont beaucoup dans les bibliothèques, autrement dit dans le secteur public.

257 librairies indépendantes. Il y en a 164 dans l’ex-Midi-Pyrénées (contre 105 en 2005) et donc 93 dans l’ex-Languedoc-Roussillon. Les toutes petites librairies, qui bien souvent n’ont pas de salarié, représentent 54 % du paysage mais ne captent que 13 % du chiffre d’affaires total.

921 auteurs. Ecrivains (62 %), illustrateurs (15 %), traducteurs (14 %) ou scénaristes de BD (9 %), ils sont 921 en Occitanie à vivre de leur plume en Occitanie. 72 % d’entre eux n’ont pas d’autre activité.

Le profil ds auteurs de la région Occitanie.
Le profil ds auteurs de la région Occitanie. - H. Menal - 20 Minutes

Et contrairement à une idée reçue, le genre « régionaliste » est très minoritaire. Il ne concerne que 72 écrivains.

0 à 300 €. L’écrivaine Michelle Teysseyre, auteure de Monsieur Riquet mène de front ses activités d’écriture et de plasticienne. Elle a son petit réseau de libraires et connaît bien le milieu. Et elle ne vit pas entièrement de sa plume. « Il faut avoir un revenu d’appoint, dit-elle, et rendre son travail visible » .

Elle répond donc régulièrement aux invitations des médiathèques ou bibliothèques. Et pour ces prestations, elle touche « parfois 300 euros, parfois 100 et parfois rien du tout ». Elle aimerait que se mette en place un tarif « fixe et clair pour tout le monde ».

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45 % par correspondance. Si certains des lecteurs de Michelle Teysseyre lui avouent avoir commandé ses livres sur Amazon, elle ignore totalement le poids du géant de la commande par correspondance dans ses chiffres de vente.

Miquel Clemente, le patron de la Maison d’édition montpelliéraine Six pieds sous terre, pépite de la BD underground, en a une idée bien plus précise : « Je dirais que ça représente environ 45 % des ventes ». Les librairies tentent de se défendre avec les mêmes armes. Selon l’étude, 56 % d’entre elles se sont mises à la vente en ligne.