Coupe d’Europe: Un exploit du Stade Toulousain chez les Wasps? Bien sûr que c'est possible

RUGBY En ballottage défavorable pour la qualification en quarts de finale de Champions Cup, le Stade Toulousain aurait bien besoin d’un succès chez les Anglais des Wasps. Très compliqué, mais possible…

Nicolas Stival

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Le deuxième ligne du Stade Toulousain Yoann Maestri face aux Wasps en Champions Cup, le 23 octobre 2016 au stade Ernest-Wallon.

Le deuxième ligne du Stade Toulousain Yoann Maestri face aux Wasps en Champions Cup, le 23 octobre 2016 au stade Ernest-Wallon. — R. Gabalda / AFP

Bien sûr, le Stade Toulousain ne partira pas du tout favori chez les Wasps, samedi en Champions Cup. Une rencontre qui déterminera en partie son avenir européen, avant la réception des Irlandais du Connacht, le 22 janvier, lors de la dernière journée de poule. La formation désormais basée à Coventry est en tête du championnat d’Angleterre, devant les Saracens, tenants du titre et vainqueurs de la dernière Champions Cup. Mais l’actuel quatrième du Top 14 aura son mot à dire dans la course aux quarts de finale. Voici pourquoi.

>> Enfin un effectif (presque) au complet

Maestri ? Présent. Doussain ? Présent. Absent depuis près de neuf mois à cause d’une blessure au genou, Yacouba Camara aurait également été « apte à jouer », indique l’entraîneur principal Ugo Mola, même si le futur Montpelliérain reste finalement hors du groupe. A quelques exceptions près (Albacete, McAlister...), le Stade Toulousain peut enfin compter sur presque toutes ses forces vives. Et sur le retour en forme de quelques cadres comme Yoann Huget, auteur d’un doublé dimanche à Paris face au Stade Français (15-18).

>> Une dynamique très positive

« Il ne faut pas se taper sur le ventre quand la dynamique est positive. » Ugo Mola a raison de vouloir ménager ses abdos et ceux de ses joueurs. Mais les victoires successives sur Clermont (26-20) puis sur la pelouse du Stade Français ont bel et bien gonflé le moral des Stadistes. Lors de ce dernier match, les Rouge et Noir ont inversé une situation compliquée dans les dix dernières minutes, pour glaner leur troisième victoire à l’extérieur cette saison (deux en championnat, une en Coupe d’Europe).

« A Paris, avec 36 minutes de temps de jeu effectif, on s’est rapproché des joutes européennes alors que d’habitude, en Top 14, c’est plutôt 31 ou 32 minutes », observe Mola. Une excellente préparation au choc chez les Wasps, donc. « Nous sommes conscients que l’équilibre est fragile, concède le capitaine Thierry Dusautoir. Mais par rapport au début de saison, il y a du mieux. »

>> La mêlée, un talon d’Achille anglais à exploiter

51 essais en 13 matchs de championnat d’Angleterre, 20 en quatre rencontres de Coupe d’Europe. Les Wasps sont une équipe très offensive servie par une ligne arrière de folie encore renforcée par le centre australien Kurtley Beale. « Le numéro 8 (Nathan) Hugues est un monstre », ajoute Mola. Mais si les Guêpes (en VF) piquent souvent, elles ne sont pas invincibles. « S’ils tiennent le ballon, ils peuvent faire mal mais défensivement, il y a des failles », observe l’arrière Maxime Médard.

Surtout, la mêlée, l’une des principales armes des Toulousains, donne parfois des signes de faiblesse, côté anglais. Selon l’EPCR, organisateur des épreuves européennes, seul Exeter (76 %) affiche un pire pourcentage de réussite que les Wasps (79 %) dans la compétition cette saison. « C’est un secteur sur lequel on espère continuer à donner raison à l’EPCR », lâche Mola, l’œil malicieux. « En Coupe d’Europe, cela a moins d’impact qu’en Top 14 », relativise toutefois Dusautoir. Autrement dit, les arbitres rechignent parfois à pénaliser un pack chahuté en mêlée.

>> Les promesses du match aller

A Toulouse, lorsqu’on parle des Wasps, on pense aussitôt au naufrage d’octobre 1996 (77-17) et à l’homérique finale 2004 perdue sur une boulette de Clément Poitrenaud (27-20). Cependant, hormis la raclée initiale, les six autres duels ont débouché sur des écarts de moins de huit points, dont deux nuls, le dernier cette saison à Ernest-Wallon, lors de la phase aller (20-20).

« C’est peut-être notre meilleur match de la saison, juge l’ouvreur Jean-Marc Doussain. On aurait dû gagner, mais nous avons manqué de maîtrise et de fraîcheur sur les dix dernières minutes. » D’où une légitime frustration. « On a ressenti ce nul comme une défaite », admet Dusautoir. Sans ce trou d’air, Toulouse pointerait devant les Wasps et le Connacht au classement de la poule 2, au lieu d’être à égalité… « Personne ne croit en nous et tant mieux, car nous serons prêts samedi », avertit Doussain, particulièrement remonté.