Toulouse: Silence radio de l'armée sur la dépollution des ballastières

ENVIRONNEMENT Alors que le projet de téléphérique vient d’être autorisé, le ministère de la Défense reste muet depuis plus de trois ans sur la dépollution des ballastières voisines…

Beatrice Colin

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Les ballastières de Braqueville, quatre étangs situés à proximité de l'Oncopole dans lesquels est immergé de la nitrocellulose.

Les ballastières de Braqueville, quatre étangs situés à proximité de l'Oncopole dans lesquels est immergé de la nitrocellulose. — Fr?d?ric Scheiber/20MINUTES

Le 21 décembre, Tisséo donnait son feu vert au téléphérique toulousain, reliant l’Oncopôle à l’Université Paul-Sabatier, via le CHU de Rangueil.

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En 2020, les voyageurs qui l’emprunteront auront lors de leur trajet une vue imprenable sur les ballastières de Braqueville, quatre lacs situés en bord de Garonne et propriété de l’armée. Mais ce paysage est moins bucolique qu’il n’y paraît. Car depuis 1920, des bandelettes explosives inertes y sont enfouies.

4.700 tonnes immergées

Depuis la catastrophe de l’usine AZF voisine, la question de leur dépollution revient régulièrement sur le devant de la scène. Lors de l’ouverture de l’Institut universitaire du cancer, les salariés s’étaient inquiétés de la présence de ces étangs qui contiennent 4.700 tonnes de nitrocellulose, sans danger si elle est maintenue dans de l’eau.

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Le 17 novembre, le maire de Toulouse a à nouveau interpellé les ministres de la Défense et de l’Environnement sur cette problématique. « Le ministère de la Défense s’était engagé à faire connaître en 2014 la solution technique qu’il retiendrait ainsi que le calendrier et le financement de ces opérations. Depuis, et malgré deux vœux adoptés par le conseil de Toulouse Métropole et le conseil municipal de Toulouse, les échéances concernant la dépollution du site ne sont toujours pas connues », plaide Jean-Luc Moudenc (LR) dans sa missive.

Une nouvelle fois, la Grande Muette n’a pas failli à sa réputation et son courrier est resté lettre morte. Au même titre que les multiples sollicitations de 20 Minutes sur le sujet.

En juillet 2013, devant un parterre d’élus et d’associations, la direction générale de l’armement assurait pourtant qu’un choix serait opéré d’ici fin 2014 entre trois solutions. Soit celle thermique, qui consiste à brûler la nitrocellulose en dehors du site, pour un coût de 40 millions d’euros, soit par biodégradation sur place, testée à l’époque en laboratoire. La dernière était de laisser la nitrocellulose là où elle est. Une option qui dure depuis quatre ans.

« La DGA n’a pas de solution, pas de volonté car c’est trop cher. Or quand on voit les périodes de sécheresse que l’on vit ou les risques d’inondation, on s’interroge sur le maintien constant du niveau de l’eau », peste Denis Molin du collectif Plus Jamais Ça ni ici ni ailleurs, mobilisé depuis des années pour la dépollution.

Etude d’impact sur le téléphérique

La direction générale de l’armement n’a pas non plus livré les résultats de l’étude complémentaire qu’elle avait confiée à la société IDE Environnement et à Bertin Technologies en 2013 et qui devait aborder la question de l’impact que pourrait avoir la présence du téléphérique sur les opérations de traitement des poudres contenues dans les ballastières. Les résultats auraient pu donner quelques éléments de réponse sur le tracé du périphérique.

« Il passera à côté, pas au-dessus et pour l’heure il n’y a pas de contraintes supérieures à son installation qu’à celle de l’hôpital », indique de son côté Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo.