L'un des sdrones opérés depuis Toulouse qui vont surveiller les dégazages intempestifs.
L'un des sdrones opérés depuis Toulouse qui vont surveiller les dégazages intempestifs. - CLS - Tekever

A partir de mars, les navires pollueurs devront y réfléchir à deux fois avant de dégazer incognito au large des côtes européennes. Car, il se pourrait qu’ils soient pris par la patrouille des drones renifleurs de pétrole de la société CLS.

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La boîte toulousaine, spécialisée dans l’océanographie spatiale, vient en effet de décrocher, avec son partenaire portugais Ketever, le marché pour la détection des pollutions maritimes par hydrocarbure. D’un montant de 10 millions d’euros, il a été lancé par L’Agence européenne de sécurité maritime (ESMA). « A cette échelle, le dispositif est une première mondiale, assure Gaétan Fabritius, responsable de la sécurité maritime à CLS. N’importe quel pays de l’Union européenne pourra faire appel à nous pour surveiller son domaine maritime. Une équipe se rendra sur place le temps d’une campagne, avec des pilotes de drones et des techniciens. » CLS transmettra les images aux autorités locales qui se chargeront des capitaines indélicats.

Pêche illégale et passeurs

CLS repère déjà depuis dix ans les taches d’huile sur les eaux en traitant des images satellitaires. « Au début, nous détections une pollution à chaque image. Aujourd’hui, il n’y a en a plus que sur la moitié des images », indique le spécialiste. Mais les drones, plus agiles qu’un satellite qui se contente de passer avant de poursuivre son orbite, vont rendre la traque encore plus agile.

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La mission n’en reste pas moins titanesque : un gros bateau fait naufrage tous les trois jours dans le monde, selon CLS et, par rapport aux dégazages, ils ne représentent qu’une infime partie des six millions de tonnes d’hydrocarbures déversées en mer chaque année.

Ce service made in Toulouse a nécessité deux ans de recherche et de développement et CLS compte bien l’exporter sur d’autres continents.

Mais un drone qui traque la pollution peut tout aussi bien repérer des passeurs de migrants ou des pêcheurs illégaux. L’ESMA a lancé un second marché, sécuritaire celui-là, pour les eaux européennes. Et là aussi, CLS est sur les rangs

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