Mondial de handball: Toulouse n'est pas ville hôte, un choix politique pour Onesta

HANDBALL Le Palais des sports accueille France-Slovénie, vendredi en préparation d’un Mondial que la Ville rose suivra de loin. Un choix politique, selon le Toulousain Claude Onesta…

Nicolas Stival

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Le manager général de l'équipe de France de handball Claude Onesta, lors d'un entraînement à Toulouse, le 4 janvier 2017.

Le manager général de l'équipe de France de handball Claude Onesta, lors d'un entraînement à Toulouse, le 4 janvier 2017. — P. Pavani / AFP

C’est un « simple » match amical entre la France et la Slovénie, ce vendredi. Pourtant, le Palais des sports André-Brouat (4.200 places) affiche complet depuis des semaines. A défaut d’accueillir le Mondial du 11 au 29 janvier, comme huit autres cités, Toulouse se contente de recevoir les Experts cette semaine.

« C’est dommage pour la ville et l’ensemble du grand Sud-Ouest, juge l’arrière ou ailier droit international Valentin Porte, passé du Fenix à Montpellier à l’été 2016. Les Toulousains ont appris à aimer le handball. » L’un des plus fameux d’entre eux, Claude Onesta, est aujourd’hui le manager général des Bleus, après en avoir été l’entraîneur à succès de 2001 à 2016.

« Pour qu’un territoire accueille des compétitions internationales, il faut être candidat, être capable et avoir l’intention de payer des droits d’entrée, observe Onesta. Il y avait un désir avoué et partagé par l’ancienne municipalité, qui n’a pas été repris par la nouvelle. Les collectivités locales et notamment la mairie ont peut-être pensé que cet événement était davantage un problème qu’un besoin. »

Les dernières élections municipales, en mars 2014, ont vu le sortant socialiste Pierre Cohen être battu par Jean-Luc Moudenc (LR). Le choix des villes hôtes du Mondial a été officialisé un peu plus de deux mois plus tard, le 10 juin 2014. Elles étaient neuf, avant le « forfait » d’Aix-en-Provence, pour cause de salle pas prête à temps. Et d’autres métropoles comme Marseille, Lyon, Strasbourg ou Bordeaux n’en font pas davantage partie que Toulouse.

Homme de gauche revendiqué, Onesta avait été le directeur du site de la Ville rose lors du précédent Mondial de handball en France, en 2001. « Je sais ce que cette épreuve a apporté en termes de structures, de qualités et d’engagement. »

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La donne aurait-elle différente si le futur Parc des Expos de Beauzelle, attendu en 2020, était déjà prêt ? « Certaines villes [Brest avec 4.000 places et Metz, 5.000] accueillent une partie de la compétition avec des salles de la même capacité que le Palais des sports », objecte Onesta, qui n’est pas pour rien dans le stage toulousain des Bleus. « Nous avons voulu réparer l’absence du Mondial », admet-il.

Quelques mois après avoir été une actrice de la fête de l’Euro de foot, Toulouse sera cette fois spectatrice du championnat du monde de handball.