Keylo dans un centre de self stockage.

Il n’a pas le sourire d’un agent d’accueil mais il n’a pas non plus ses contraintes horaires. Ni sa fiche de paye évidemment. Keylo fait dans la sobriété. Droit dans son armature antichoc, il glisse vers vous en silence, vous ouvre les bras qu’il n’a pas et vous guide là où vous le souhaitez. Le prototype de ce « premier robot de téléprésence à navigation autonome » est en cours de rodage dans un centre de « self stockage » - un garde-meuble - d’Aucamville, dans la banlieue de Toulouse. Et ce n’est pas un hasard.

Car, le patron de l’établissement, Nicolas de Roquette, est aussi le cofondateur de Wyca, la start-up conceptrice de Keylo. Dans son métier, les clients sont la plupart du temps autonomes. Ils vont et viennent avec le code et la clé de leur box. Sauf la première fois, quand ils veulent se renseigner et signer leur contrat, souvent le dimanche soir, à l’issue d’un déménagement. Bref, quand il n’y a personne. « Or, un client raté, c’est en moyenne 1.000 euros de perdus », assure le professionnel.

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D’où l’idée du très disponible Keylo. « Si vous tapez votre numéro de box dans ce hangar où tous les couloirs se ressemblent, il vous y amène mais peut aussi vous le faire visiter », précise Matthieu Besozzi, l’autre cofondateur. Il permet même d’enregistrer une vidéo pour se plaindre.

Des « cousins » dans la sécurité et le médical

Keylo ne va pas jusqu’à négocier le contrat. Pour les choses sérieuses, il passe en mode visioconférence et laisse apparaître un opérateur en chair et en os sur son écran. Mais c’est lui qui délivre la clé avec sa grande « bouche ».

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Une vingtaine de robots Keylo sont en cours de fabrication à Toulouse. Le premier exemplaire fera ses débuts lundi du côté de Laval, loué « 900 euros par mois ». Moins qu’un smicard. « L’idée n’est pas de supprimer des emplois mais d’élargir nos heures d’ouverture, assure Nicolas de Roquette. Keylo peut permettre d’ouvrir des petits espaces de stockage dans les centres-villes, qu’on ne pourrait pas exploiter autrement, et d’éviter aux clients le trajet dans un hangar de zone industrielle ».

Wyca imagine déjà avec ses partenaires des « cousins » pour Keylo. « Pour déplacer la marchandise vers des opérateurs qui envoient des colis, pour faire des inventaires, ou des levées de doute pour sécuriser de large espace », par exemple. La start-up imagine aussi un robot hospitalier. Il assurerait l’information pré et postopératoire, laissant médecins et infirmières se consacrer à d’autres tâches. Avec toujours une possibilité d’effleurer l’écran pour rentrer en contact immédiat avec un humain.