AbdelFattah Rahhaoui, le directeur de l'école musulmane Al-Badr, au Palais de justice de Toulouse le 17 novembre 2016 lors de son procès.
AbdelFattah Rahhaoui, le directeur de l'école musulmane Al-Badr, au Palais de justice de Toulouse le 17 novembre 2016 lors de son procès. - B. Colin / 20 Minutes

Il sera fixé le 15 décembre. AbdelFattah Rahhaoui, le directeur de l’école musulmane Al-Badr, comparaissait jeudi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour violences sur mineurs, mise en place d’un collège clandestin et non respect de l’enseignement du socle commun de l’Education nationale.

Déjà condamné en 2010

Les accusations de violences émanent de plaintes déposées par deux anciens élèves de l’établissement. Le directeur aurait jeté une chaise contre l’un d’entre eux et asséné une gifle à l’autre. Des jeunes de 11 et 12 ans, en âge d’être scolarisés en collège.

Or l’établissement privé n’a pas d’agrément pour ouvrir un collège. AbdelFattah Rahhaoui avait déjà été condamné en 2010 pour avoir ouvert le collège Alif en 2005 sans accord préalable du rectorat.

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Dans ce cas-ci, « c’est de l’accompagnement scolaire pas un enseignement de collège » se défend le directeur. Pour ce dernier, ces accusations seraient nées après un conflit avec deux enseignantes, licenciées depuis. Mais parallèlement à ces plaintes, l’inspection académique a diligenté plusieurs contrôles au cours deux dernières années. Sur site, ses agents ont constaté qu’il y avait « un enseignement dispensé non conforme au Code de l’éducation » et l’ont mis en demeure.

Prison avec sursis et fermeture de l’école requises

« En avril, alors que l’année est bien entamée, l’histoire-géo est quasi inexistante dans les cahiers des élèves. Mais sur les 26 h de cours, les élèves font 7 h d’arabe/coran », relève la présidente du tribunal. Et de pointer du doigt que sur les treize enseignants, il y a cinq professeurs d’arabe, pour quatre professeurs de culture générale, un d’éducation coranique et trois de soutiens scolaires. « On enseigne toutes les matières du socle commun », argue AbdelFattah Rahhaoui.

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Et d’ajouter, « que l’on veut nous faire croire que c’est une école sectaire. Les écoles confessionnelles sont en fait le premier rempart contre le fondamentalisme. » La procureure de la République a requis quatre mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende, la fermeture de l’école, où 90 élèves sont toujours scolarisés, et l’interdiction de diriger un établissement scolaire pour non conformité aux enseignements.

Mais aussi trois mois avec sursis pour les violences et 3.000 euros d’amende pour les cours illégaux de collège. Le jugement a été mis en délibéré au 15 décembre.

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