Une nouvelle monnaie débarque et elle vaut bien plus qu'un Coopek

ECONOMIE Une nouvelle monnaie complémentaire, et à parité avec l'euro, vient d'être lancée partout en France par une coopérative tarnaise...

Beatrice Colin

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La monnaie complémentaire numérique Coopek a été lancée le 3 octobre 2016.

La monnaie complémentaire numérique Coopek a été lancée le 3 octobre 2016. — Coopek

D’ici quelques années, cette petite carte plastifiée pourrait être dégainée en caisse aussi vite qu’une carte bancaire classique. Sauf qu’au lieu de payer en euros, son propriétaire réglera ses courses avec des coopeks.

140 entreprises et particuliers

C’est déjà possible si vous passez par un artisan couvreur dans le Tarn, un électricien toulousain ou si vous faites vos courses au Biocoop de Montigny-le-Bretonneux. Ils sont 140, entreprises ou particuliers, à avoir ouvert un compte et être devenus utilisateurs de cette nouvelle monnaie complémentaire, numérique, et à parité avec l’euro.

Lancée dans le Tarn le 3 octobre dernier par la Société coopérative d’intérêt collectif du même nom, elle a les mêmes valeurs sociales et citoyennes que les monnaies locales qui ont fleuri un peu partout en France ces dernières années, que ce soit le Sol Violette à Toulouse, SoNantes ou encore le Stück à Strasbourg.

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Pas de spéculation

Mais contrairement à ces initiatives limitées géographiquement, le Coopek couvre l’ensemble du territoire. « C’est ce qui est intéressant pour nous, car avec la monnaie locale nous ne pouvions pas payer tous nos fournisseurs, ceux qui se trouvent dans d’autres départements », explique Sylvie Delpech, gérante de deux magasins Biocoop du centre-ville toulousain.

« C’est un anti-bitcoin, notre ambition est de développer une économie qui ait du sens. Ces coopeks vont circuler et générer de l’activité en France, non délocalisable. Cette monnaie ne peut pas servir à faire de la spéculation, on ne peut l’échanger qu’entre usagers, ce qui veut dire pas de marché noir », assure Gérard Poujade, le directeur de la SCIC Coopek et cofondateur de la monnaie.

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Le directeur de la Mutuelle du Rempart, dont le siège est à Toulouse, envisage déjà la façon dont il pourrait utiliser à terme ces coopeks. « On imagine un jour que l’on puisse payer les cotisations avec cette monnaie, que nos employés aient une partie de leur salaire versée en coopeks ou encore que la fidélité de nos adhérents soit récompensée sous forme de monnaie complémentaire », avance Jean-Pierre Pailhol.

D’ici 2018, la coopérative espère compter 15 000 membres, une taille qui permettrait de commencer à faire circuler ces coopeks.

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