Le compte Twitter du poilu Frédéric B. alimenté par les lyvéens de Fonsorbes.
Le compte Twitter du poilu Frédéric B. alimenté par les lyvéens de Fonsorbes. - Twitter

Aux dernières nouvelles, autrement dit dans son tweet du jour, Frédéric B., soldat du 99e Régiment d’infanterie creusait des tranchées à quelques encâblures de Verdun, sursautant au bruit des obus.

Son authentique journal de guerre est apparu sur la Toile en novembre 2014, cent ans jour pour jour, après qu’il a commencé à le rédiger au front, confiant ses peurs, ses états d’âme, ses aspirations précoces au pacifisme et racontant un quotidien, parfois monotone à l’arrière, souvent trépidant au cœur de l’action.

Le poilu Frédéric B. du 99e Régiment d'infanterie.

Si le récit de la Grande Guerre de ce jeune lyonnais très pieux resurgit quotidiennement, c’est parce que des élèves de 1re du lycée de Fonsorbes, dans la Haute-Garonne, le compulsent, le documentent, et le résument en moins de 140 caractères pour le faire voyager dans le temps. Yann Bouvier, leur prof d’histoire, se charge de leur distiller les infos. L’enseignant garde jalousement la copie du carnet de guerre tapuscrit de Frédéric B. Il le tient d’un descendant du poilu et l’a déniché en 2014, après avoir compulsé des dizaines d’autres récits pour trouver la « perle ».

« Frédéric B. a tout, il met des émotions, a connu les fraternisations de Noël 1914, la bataille de Champagne en 1915, Verdun », énumère Yann Bouvier. En plus, le poilu avait la bonne idée de taper ses notes sur une machine à écrire qu’il avait réparée chaque fois qu’il en avait l’occasion. Un témoin idéal en quelque sorte.

Interdiction de spoiler

Le prof est avec les descendants le seul à connaître le nom de famille entier du soldat. Ses élèves ont beau le supplier de spoiler, il reste muet comme une tombe, refusant de dévoiler si Frédéric B. sortira vivant des tranchées.

>> A lire aussi : Il y a 100 ans commençait la bataille de Verdun

Tout juste lâche-t-il qu’il va y avoir un rebondissement en mai. Un « feuilletonage » qui fait partie intégrante du projet pédagogique commencé dans une autre classe d’un collège voisin, à Fontenilles, et qu’il a pris sous son bras lors de sa dernière mutation.

Grâce à Frédéric B., ses élèves traversent la Première guerre mondiale aux côtés « d’un personnage incarnée, très proche de leur âge ». Ils apprennent aussi à sortir le meilleur d’une documentation fournie » (détaillée sur un blog qui prolonge le compte Twitter), la « concision ». Et à ronger leur frein, le regard braqué sur le nombre d’abonnés à Frédéric B.

Mots-clés :