Jean-Marc Rouillan devant Noël Godin, dans le film « Faut savoir se contenter de beaucoup ».
Jean-Marc Rouillan devant Noël Godin, dans le film « Faut savoir se contenter de beaucoup ». - Entre2Prises

Un étrange road-movie libertaire de Paris à Toulouse, via Bruxelles ou Marseille, où l’on rencontre les zadistes de Sivens, notamment, et où l’on recherche, entre autres, une Cadillac. Dans les salles mercredi, Faut savoir se contenter de beaucoup, premier film dans lequel joue Jean-Marc Rouillan, n’est pas évident à résumer.

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L’ancien membre fondateur du groupe terroriste Action Directe, né à Auch dans le Gers voici 63 ans, joue pour la première fois dans un long-métrage, réalisé par le Toulousain d’adoption Jean-Henri Meunier. Condamné pour les assassinats de l’ingénieur général de l’armement René Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986, en liberté conditionnelle depuis 2012 après 24 ans de prison, Rouillan est associé à l’entarteur belge Noël Godin.

« Je n’ai rencontré Noël que le premier jour de tournage, raconte-t-il. Ce n’est pas tant le côté tarte à la crème qui m’intriguait mais l’érudit de la subversion carabinée. Et le cinéphile également. » Godin (70 ans), célèbre pour avoir entarté Bernard-Henri Lévy, mais aussi Bill Gates et Marguerite Duras, a choisi la voie de la révolution comique, via « l’attentat pâtissier », alors que Rouillan avait opté pour la lutte armée.

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« Etre un acteur comique » est « un bras d’honneur », assure l’ex-activiste. « Pour moi, c’est une façon d’être un autre, puisque je ne peux pas être, par décision de justice, celui que je suis. Donc il faut bien que je sois un peu acteur », précise Rouillan, qui ne doit pas s’exprimer publiquement sur les faits pour lesquels il a été condamné, ni les évoquer dans des ouvrages ou des articles, sous peine de retourner en prison.

Avec Jean-Henri Meunier (66 ans), réalisateur d’une quinzaine d’œuvres, dont La Vie comme elle va et Ici Najac, à vous la terre, « on a fait un film de la bonne humeur, de la dérive de bonne humeur, sympathique, assure Rouillan. Mais les temps ne sont pas sympathiques. »

« Je crois que ce film parle du désarroi actuel devant ce qui se passe, devant l’extrémisme de la réaction », lâche-t-il. Depuis sa sortie de prison, l’ancien d’Action Directe travaille dans une entreprise d’exportation de bois dans la région marseillaise. Il a par ailleurs écrit une quinzaine de livres.

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