Le 30 aout 2011. Portrait Jean-Michel Baylet . // V. WARTNER / 20 MINUTES
Le 30 aout 2011. Portrait Jean-Michel Baylet . // V. WARTNER / 20 MINUTES - V. WARTNER / 20 MINUTES

Quand tous les autres quittaient le navire gouvernemental, le Parti radical de gauche de Jean-Michel Baylet restait à bord. Il a pesté, menacé parfois, mais il a tenu bon. Et le voilà récompensé de sa fidélité ce jeudi par le ministère de l'Aménagement du territoire et de la Ruralité

Avant de retrouver un maroquin à l’âge de 69 ans, ce baron du Sud-Ouest, dont l’autorité est adoucie par la gouaille, a suivi François Hollande sur l’essentiel. Il était pour le mariage pour Tous. Récemment, il s’est publiquement prononcé pour la déchéance de nationalité.

 

Comme un clin d’œil, même ses affaires fleurent bon la discipline gouvernementale. Son journal, La Dépêche du Midi vient de racheter le groupe Midi Libre étendant son influence de Toulouse à Montpellier, des contreforts de Massif central aux Pyrénées et à la Méditerranée, et épousant parfaitement les frontières de la nouvelle grande région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées.

Sevré de mandats

L'homme qui entre au gouvernement, original dans sa constance à vouloir dépénaliser le cannabis, sort d’un sevrage politique. L’héritier de la dynastie Baylet qui règne depuis plus d’un demi-siècle sur le Tarn-et-Garonne, a presque tout perdu en quelques mois, victime de l’usure de la gauche au pouvoir, mais aussi et surtout de trahisons dans son fief. En septembre 2014, il a été battu aux sénatoriales, après vingt ans passés au Palais du Luxembourg.

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Le printemps suivant, bien que réélu au premier tour sur son canton de Valence-d’Agen, il se fait chasser de la présidence du conseil départemental du Tarn-et-Garonne, le fauteuil sur lequel il avait succédé à sa mère, Evelyne Jean-Baylet, trente ans auparavant. «Je suis là depuis longtemps. ça crée des inimitiés, des envies. Les gens veulent peut-être changer pour changer», confiait-il «blessé», en avril 2015 dans le journal Libération où il posait en blouson de cuir sur sa Harley.

Une entrée préparée de longue date

Jean-Michel Baylet a déjà été ministre sous François Mitterrand. Laurent Fabius lui a confié le secrétariat d’Etat aux Relations extérieures en 1984. Sous Michel Rocard, il a été chargé des Collectivités locales (1988-90) puis du Tourisme (1988-93).

Il préparait son retour dans les hautes sphères de longue date. Il s’est battu bec et ongles pour que Sylvia Pinel, ministre PRG du Logement, obtienne la vice-présidence de la Région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées. Elle a annoncé dès décembre son départ du gouvernement, effectif ce jeudi, pour se consacrer à son nouveau mandat local, laissant la voie libre à son mentor.

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