Des ruches en ville. Illustration.
Des ruches en ville. Illustration. - G. Varela \ 20 Minutes

Lorsqu’elles se sentent en danger, les abeilles n’hésitent pas à attaquer et piquer. Ce qui inexorablement les mène à leur perte. Mais lorsqu’elles sont en présence de certaines odeurs florales, elles se radoucissent et adoptent l’attitude flower power.

Un changement de comportement découvert grâce à une équipe de chercheurs toulousains du Centre de recherches sur la cognition animale (CNRS/Université Paul-Sabatier) et qui a fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Communications.

C’est en pensant au sentiment de bien-être que peut déclencher chez l’homme l’odeur de l’herbe coupée, que le chercheur toulousain Martin Giurfa et l’une de ses collègues australiennes se sont interrogés sur ce qui pourrait radoucir les congénères de Maya l’abeille.

Réceptives à deux molécules

Pour pouvoir les mettre en situation, il a dans un premier temps fallu créer en laboratoire un test prompt à mettre les nerfs de ces insectes en pelote. « Morgane Nouvian, une doctorante, a conçu une petite boîte où un leurre entraîné par un moteur déclenche leur agressivité. Elle a ensuite fait entrer des odeurs et a pu tester leur impact », explique Martin Giurfa, le directeur du laboratoire.

 

Au total, sur une trentaine de molécules expérimentées, seules deux présentes dans les fleurs ont permis de bloquer l’effet de la phéromone d’alarme, ces substances chimiques émises lorsqu’il y a un danger. Le Linalol, que l’on retrouve dans la menthe, le thym ou encore la bergamote, ainsi que le Phényléthanol, présent dans les essences de rose ou de géranium, ont donc la capacité de détourner les abeilles de leur agresseur.

« Ces deux molécules agissent certainement comme des signaux innés correspondant à la présence de nourriture et lorsque la colonie a besoin de nourriture, les abeilles préfèrent se tourner vers ces odeurs. Elles ne sont pas des robots stupides, la preuve, cela n’a pas marché avec les odeurs d’herbe coupée qui n’a aucune valeur nutritionnelle pour elles », développe Martin Giurfa.

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Applications en apiculture

Des résultats menés en laboratoire qui ont été testés grandeur nature sur les ruches présentes sur le campus de l’université Paul-Sabatier par Lucie Hotier, apicultrice au CNRS. Pour cette passionnée, cette découverte pourrait trouver plusieurs applications.

« Ce serait intéressant de pouvoir pulvériser un produit sur les mains et les vêtements avant d’intervenir sur les ruches pour pouvoir travailler en douceur et éviter qu’elles piquent et meurent », plaide la jeune femme. Et pourquoi pas développer un diffuseur d’odeurs à l’attention du grand public pour les phobiques des insectes à rayures jaunes et noires.

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