La maison Giscard qui jouxte la manufacture de l'avenue de la Colonne.
La maison Giscard qui jouxte la manufacture de l'avenue de la Colonne. - Frédéric Scheiber/20MINUTES

Il a eu le premier l’idée d’abattre les remparts du centre-ville, de créer les places Wilson et du Capitole, de codifier la largeur des rues. Jacques-Pascal Virebent (1746-1831), en tant qu’architecte de la Ville de Toulouse, a marqué de son sceau la Ville rose.

Un immeuble de la rue des Marchands et ses cariatides. - Wikipedia

Et ses descendants Auguste, puis Gaston, ont continué l’œuvre à travers leur briqueterie de Launaguet et leurs ornements de terre cuite moulés : cariatides, chapiteaux, colonnes, de nombreux hôtels particuliers du centre-ville portent la patte de cette dynastie d’artistes-bâtisseurs. L’historienne de l’art Nelly Desseaux publie aux éditions Terrefort* un livre documenté et abondamment illustré sur la dynastie des Virebent.

Des trésors chez un garde-meuble

Et tandis que les chercheurs s’activent, certains vestiges, comme les moules des cariatides par exemple, dorment au garde-meuble.

Car paradoxalement, des moules Virebent ont été sauvés en 1968 par l’héritier de la maison rivale, les Giscard. En 2005, Joseph Giscard a légué sa manufacture de la rue de la Colonne et les centaines d’outils et d’objets qu’elle contenait à la Ville de Toulouse. L’idée de départ était d’en faire un musée de la terre cuite et de l’industrie d’ornement toulousaine.

Dix ans plus tard, la rigueur budgétaire est passée par là. « Un groupe de travail rendra ses conclusions dans les semaines qui viennent, précise Francis Grass, l’adjoint à la Culture. Mais d’ores et déjà, nous savons qu’une ouverture au public créerait des coûts considérables. En revanche, l’idée d’y installer des ateliers reste d’actualité ». « Beaucoup d’associations sont intéressées par le lieu », ajoute l’élu.

Bientôt un projet pour la manufacture Giscard

Et parmi elles, l’Association manufacture Giscard de Toulouse, qui s’accommode bon an mal an de la « lenteur » du dossier et se réjouit que la mairie ait mené des travaux pour mettre le bâtiment hors d’eau. « Nous sommes prêts à louer des locaux pour y animer des visites et des ateliers et faire revivre ce patrimoine », explique Pauline Jung, historienne de l’art et membre actif.

Celle qui est aussi artisan d’art insiste également sur la nécessité de rouvrir les caisses du fonds Giscard, « pour inventorier ce patrimoine de façon scientifique » et lui donner de « meilleures conditions de conservation ».

* Présentation par l’auteur mercredi 14 janvier, à 18h, à la médiathèque José-Cabanis.

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