Illustration d'une opération du coeur.
Illustration d'une opération du coeur. - POL EMILE / SIPA/SIPA

Les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher ont soulevé une vague d’émotion chez les Français et un peu partout dans le monde. Ces événements anxiogènes ne sont pas restés à l’état d’un simple stress si on en croit l’étude pilote menée par la clinique Pasteur de Toulouse et publiée dans la revue Clinical Research in Cardiology.

 

Sous l’impulsion du professeur Atul Pathak, les cardiologues de l’établissement de soins, l’un des plus importants de France dans le traitement des pathologies cardiaques, ont étudié pendant les attentats l’impact du stress émotionnel sur les maladies cardiaques et voir si cela avait engendré un taux accru d’admission.

« Le jour des attentats, alors que nous nous retrouvions avec des collègues à la cafétéria, lors de la discussion, les médecins de garde nous ont indiqué qu’il y avait une hausse très importante d’activité. En parlant, on s’est rendu compte que nous avions les télés qui ne parlaient que de ça et les patients ont expliqué qu’ils avaient ressenti une douleur en regardant les événements en direct sur leur écran », raconte ce spécialiste des liens entre le stress, le cerveau et les maladies cardiovasculaires. Sur les trois jours des attentats, entre le 7 et le 9 janvier 2015, il y a eu 50 % de visites en plus au centre et près de 75 % d’hospitalisations en plus comparé à 2014 pour des problèmes de douleur thoracique.

+180 % d’infarctus du myocarde

Cela s’est ainsi traduit par une hausse de 180 % des admissions pour un infarctus du myocarde par rapport à l’ensemble du mois de janvier et à la même période en 2014, ou encore de 86,7 % d’hospitalisations supplémentaires pour insuffisance cardiaque. Après les attentats du 11 septembre ou les gros tremblements de terre, des études ont montré qu’il y avait eu un rapport de cause à effet similaire.

Si celle-ci ne porte que sur 346 patients, le professeur Pathak espère que plusieurs autres cliniques et hôpitaux vont se pencher sur leurs données pour avoir une vision nationale du phénomène. « Sur les attentats de novembre il y a eu aussi un pic. Cela doit nous permettre de réfléchir à une stratégie de prévention », plaide le médecin qui s’est aussi penché sur les conséquences sanitaires de l’affaire Merah.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, alors que cela se passait à Toulouse, les habitants de la Ville rose n’ont pas débarqué en masse pour des douleurs thoraciques lorsque le tueur au scooter s'en est pris à des militaires et à l'école juive d'Ozar Hatorah. « Il n’y a pas eu de pic d’activités, peut être que les gens ne se sont pas déplacés parce qu’on pensait que le tireur se baladait en ville et ils sont restés confinés chez eux », avance Atul Pathak.

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