Dans un bloc operatoire de l'hopital Claude Huriez, à Lille.
Dans un bloc operatoire de l'hopital Claude Huriez, à Lille. - M.Libert/20 Minutes

Elle est absorbée par le corps humain en une semaine, au pire un mois. Sans indigestion. Des chercheurs toulousains du Laboratoire de génie chimique (LGC) de l’INP Toulouse ont mis au point une nouvelle compresse chirurgicale innovante, commercialisée à partir du mois prochain par Sofradim Production, une filiale de Medtronic.

Adieu les solvants

Elle n’est pas la première à avoir cette capacité d’être assimilée par le corps. Et d’éviter ainsi les tragiques oublis menant à des septicémies parfois mortelles. Les Américains ont déjà élaboré des carrés de cellulose à la fois hémostatiques, qui permettent d’arrêter les saignements, et biorésorbables.

Mais pour leur donner toutes ces qualités, ces derniers ont utilisé des solvants. Ce qui n’est pas le cas de la compresse made in France qui ne contient aucun produit chimique. « Nous avons amélioré le procédé d’oxydation des tissus de cellulose. Au lieu d’utiliser les solvants, nous nous servons du CO2 supercritique, c’est-à-dire sous forte pression », explique Jean-Stéphane Condoret, chercheur au LGC.

Technologie utilisée pour décaféiner le café

Une technologie de chimie verte brevetée par le laboratoire toulousain en partenariat avec le Centre de recherches sur les macromolécules végétales il y a une dizaine d’années. Et qui ne se limite pas à cette seule application.

Grâce au CO2 supercritique, il est possible d’extraire les molécules des végétaux. « La décaféination du café se fait comme ça. Demain, cela peut concerner tous les antioxydants que l’on rajoute dans les cosmétiques. Ils pourront être extraits de cette manière et non plus à l’aide de solvants », assure Jean-Stéphane Condoret.

Application dans la cosmétique, entre autres

Un plus pour toutes les crèmes de beauté dont on nous vante les mérites grâce aux extraits de plantes qu’elles contiennent mais dont on tait les procédés chimiques d’extraction.

« Les industriels commencent à s’y intéresser. Si c’est une technologie compliquée car elle utilise des appareils avec 100 à 200 fois la pression atmosphérique, elle est maîtrisée. Pour le personnel, cela limite les risques comparés aux solvants », souligne Jean-Stéphane Condoret.

Elle peut ainsi servir à enlever des taches de graisse dans des pressings industriels à la place du perchloréthylène, aujourd’hui interdit, ou à supprimer la molécule qui donne le goût du bouchon aux meilleurs crus de vin.

Mots-clés :