Toulouse: Quand l'impression 3D facilite les opérations chirurgicales

INNOVATION Pour réussir une opération compliquée du bassin, un chirurgien toulousain de la polyclinique du Parc a eu recours à cette nouvelle technologie…  

Beatrice Colin

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Le bassin en 3 D de la jeune femme opérée en mars dernier à la polyclinique du Parc, à Toulouse.

Le bassin en 3 D de la jeune femme opérée en mars dernier à la polyclinique du Parc, à Toulouse. — S. Charosky

Cet été, l’impression 3 D offrait une main au petit Maxence. Peu à peu, cette technologie fait son entrée dans les blocs opératoires. A Toulouse, la polyclinique du Parc a récemment innové en utilisant la reproduction en 3D de la colonne d’une patiente pour l’opérer.

Il y a encore six mois, l’avenir de cette jeune femme de 24 ans était plutôt sombre. Malgré une première intervention sur sa colonne à l’âge de 14 ans, elle vivait au quotidien avec d’atroces douleurs, ne pouvait pas faire de sport et tenait difficilement debout. En mars dernier, elle a passé six heures sur la table d’opération du docteur Sébastien Charosky, à la clinique du Parc, pour soigner son spondylolisthésis, le glissement de la dernière vertèbre lombaire vers le sacrum.

Modélisé par une start-up toulousaine

Mais avant de sortir son bistouri pour cette intervention très risquée, le chirurgien a fait appel à l’impression 3 D. « La déformation était tellement sévère que j’avais besoin d’un support, au-delà de l’écran d’ordinateur ou des planches radios. J’avais besoin d’une reproduction en taille réelle », explique Sébastien Charosky.

 

Après avoir réalisé un scanner en coupes extrêmement fines, le chirurgien s’est rendu dans la start-up toulousaine Anatomik Modeling, spécialisée dans la reconstruction tridimensionnelle. La zone à opérer a ainsi été reconstruite os par os, en taille réelle.

La planification des gestes

« Pour moi, cela a été un véritable guide de planification pour effectuer les gestes, pour savoir quel angle d’introduction choisir pour les vis car il y avait un risque de paralysie très important mais aussi vasculaire. Je savais ce que j’allais trouver », poursuit le médecin.

Aujourd’hui, sa patiente se porte très bien, n’a plus de douleurs et peut à nouveau envisager de faire du sport. « C’est un plus pour la chirurgie avec un coût raisonnable par rapport au bénéfice que cela apporte », assure Sébastien Charosky qui pense que cette technique pourrait avoir des débouchés dans les interventions complexes au niveau maxillo-facial.