Toulouse: Des retraités passent aux fourneaux pour nourrir des salariés

CONSOMMATION Le traiteur « Mamie régale » livre aux salariés de l’agglomération toulousaine des plats préparés par des mamies et papis…

Beatrice Colin

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Mamie Jeanette est l'une des retraitées recrutées pour son savoir faire culinaire.

Mamie Jeanette est l'une des retraitées recrutées pour son savoir faire culinaire. — Mamie Regale

Qui n’a pas rêvé un jour de déguster au boulot les bons petits plats préparés par sa mamie plutôt que d’absorber un sandwich insipide ou un plat sorti tout droit d’une usine ? Pour combler ce manque, deux Toulousaines de 24 ans ont eu l’idée de lancer un service de traiteur un peu particulier à destination des salariés.

Complément de revenus

« Nous sommes partis du constat que l’on mangeait nous-mêmes sur le pouce le midi, souvent des plats pas très qualitatifs, et on se demandait ce qu’on aimerait avoir dans nos assiettes. Nous avons alors eu l’idée de faire travailler les mamies, qui ont la passion de la cuisine et envie de la transmettre », explique Kylia Claude.

Avec sa copine Coline Dejean, elles se mettent à arpenter les clubs du 3e âge à la recherche de retraités prêts à passer derrière les fourneaux en échange d’une rétribution. Car sur un menu à 12 euros, réalisé avec des produits locaux, 4 euros sont reversés à la cuisinière.

« C’est un complément de revenus pour ceux qui en ont besoin, mais c’est aussi une manière de les sortir de leur isolement car ils peuvent cuisiner en duo ou collectivement dans les cuisines de centres sociaux », poursuit la cofondatrice de Mamie Régale.

De 61 à 82 ans

A raison de deux repas préparés par semaine pour huit personnes maximum, les cuisiniers de 61 à 82 ans y trouvent leur compte. Une quinzaine, dont un papi, livre leur repas depuis juin dernier.

« J’aime bien l’idée que les gens déjeunent mieux avec de bons produits comme à la maison », explique la plus jeune d’entre eux, Mamie Joëlle. Et c’est aussi ce qui plaît à Laura.

Cette salariée de la société Sigfox, implantée à Labège, commande régulièrement les petits plats. « Nous n’avons pas de restaurant professionnel et je trouve que ce qui est vendu aux alentours n’est pas de qualité et souvent cher. C’est très bon et cela change des menus habituels, je suis aussi sensible à l’aspect social et solidaire du projet qui correspond à mes valeurs », explique la salariée gourmande qui a déjà rencontré les mamies qui concoctent ses repas du mercredi.

A la recherche de cuisinières

A terme, les deux jeunes créatrices de Mamie régale espèrent bien essaimer en faisant travailler des auto-entrepreneurs qui s’occuperaient de plusieurs mamies et clients commandant leur plat en avance.

Si les salariés ne manquent pas, reste à trouver des retraités prêts à passer le tablier. L’appel est lancé…