Céline Julliat, créatrice des confitures Les Repêchés mignons, confectionnées avec des fruits et légumes jetés par les supermarchés.
Céline Julliat, créatrice des confitures Les Repêchés mignons, confectionnées avec des fruits et légumes jetés par les supermarchés. - B. Colin / 20 Minutes

A peine brunis, légèrement abîmés. Les fruits et légumes déclassés de nos rayons atterrissent souvent dans les poubelles des supermarchés lorsqu’ils ne trouvent plus grâce aux yeux des consommateurs.

Face à ce gaspillage alimentaire organisé, Céline Julliat a décidé de leur donner une deuxième chance. Depuis plusieurs semaines, cette bénévole au sein du mouvement Disco Soupe récupère ces rebuts auprès des enseignes, les transforme en confitures pour les vendre sur les marchés.

Pas de concurrence avec les glaneurs des marchés

« Lorsque nous faisions des Disco soupes, après la distribution, nous nous retrouvions souvent avec des restes. Nous avons commencé à faire des confitures pour nous », explique la jeune autoentrepreneuse. De carottes en aubergines, l’idée a fait son chemin et les pots de Repêchés mignons, issus de la récupération, ont vu le jour. Ils sont revendus 5 euros le pot.

 

Pas question pour cette adepte de l’anti-gaspi d’aller faire de la concurrence aux glaneurs, ces personnes souvent en difficultés qui ramassent les fruits et légumes abandonnés par les revendeurs et producteurs sur les marchés.

Objectif : ouvrir une entreprise d’insertion

Elle préfère s’adresser aux supermarchés. « Ce n’est pas toujours évident car ils n’aiment pas montrer qu’ils jettent, même si ce n’est pas leur faute », relève Céline Julliat.

Mais en plein débat sur le gaspillage alimentaire, elle reconnaît que l’idée fait son chemin au sein de la grande distribution. Elle hérite souvent de tomates, d’endives ou de sachets de pommes où une seule est gâtée. Elle trie et fait revenir tout ça dans sa bassine en cuivre.

Sur les marchés, son initiative est bien perçue. « Les gens aiment l’idée de revaloriser et trouvent ainsi une résonance à tous ces débats », raconte la jeune femme, formée en école de commerce. Si l’idée est d’arriver à vivre grâce à ses confitures et de monter à terme une entreprise d’insertion, l’objectif n’est pas non plus d’inonder la planète avec ses Repêchés mignons.

« Je ne me vois pas vendre sur Internet, ce serait contradictoire d’envoyer mes pots à Paris alors que je fais tout pour réduire mon empreinte carbone en me rendant par exemple sur les marchés à vélo », tranche Céline Julliat.

Marchés

Les Repêchés mignons sont à retrouver le vendredi au marché place du Ravelin, le samedi au marché de Borderouge et le dimanche au marché Saint-Aubin.

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