Toulouse: Jérôme Wyss condamné, l'agression volontaire pas retenue contre le SDF

JUSTICE Le cas de ce sans-abri, dont un chien avait mordu des policiers, avait soulevé l’émotion au-delà de son quartier toulousain…

Nicolas Stival

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Jérôme Wyss, sans-abri depuis dix ans, a comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Toulouse.

Jérôme Wyss, sans-abri depuis dix ans, a comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Toulouse. — H. Ménal - 20 Minutes

105 heures de travaux d’intérêt général (TIG) et une amende de 100 euros. C’est la condamnation infligée vendredi par le tribunal correctionnel de Toulouse à Jérôme Wyss. L’un des chiens de ce SDF s’en était pris à quatre policiers, deux nationaux et deux municipaux, lors de son interpellation controversée quai de la Daurade, le 3 juin.

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Le cas du sans-abri de 29 ans, très connu dans son quartier, a suscité une forte émotion. Un comité de soutien a même été créé. « On a l’impression qu’on a voulu faire plaisir à tout le monde », confie Frédérique Knopf-Silvestre, avocate de Jérôme Wyss, à propos de cette sanction. « Cependant, Jérôme est content que l’agression volontaire n’ait pas été retenue. »

« L’important, c’est que la responsabilité pénale de M. Wyss a été retenue, relève de son côté Olivier Bonhoure, qui défend les deux policiers municipaux. Le caractère volontaire du lâcher de chien a été reconnu. Mais il n’a pas été établi que ce lâcher volontaire avait été fait dans le but de blesser les policiers. »

L’interpellation reste controversée

« 105 heures de TIG, ce n’est pas rien, mais ça paraît assez indulgent », poursuit Me Bonhoure. L’avocat est toutefois satisfait de voir ses clients « reconnus comme victimes ». Il se félicite aussi que les conditions de l’interpellation du sans-abri, lors d’une opération destinée à réprimer la consommation d’alcool sur la voie publique, n’ont pas été remises en cause par le tribunal.

Du côté de la défense, ce n’est forcément pas le même son de cloche. « Pourquoi cette interpellation ? interroge Me Knopf-Silvestre. Il ne buvait pas, ses chiens, attachés à un chariot de supermarché, ne circulaient pas et il est parti quand on le lui a demandé. Il a tout de même effectué 48 heures de garde à vue. »

Rendez-vous en mars 2016

Désormais, Jérôme Wyss espère récupérer ses cinq chiens retenus à la fourrière. Ce jongleur spécialisé dans les torches enflammées veut en confier deux, avant de trouver un logement. « Son comité de soutien va l’aider pour la suite », souligne son avocate.

Me Bonhoure indique que les policiers attendent de leur côté les résultats des tests médicaux effectués à la suite des morsures. Le montant de leur préjudice ne sera pas chiffré par la justice avant mars 2016.