Toulouse n'est plus candidate à l'accueil d'une «salle de shoot»

SOCIETE La nouvelle équipe municipale n'a pas souhaité expérimenter le dispositif voté par l'Assemblée nationale...

Béatrice Colin

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Une salle de shoot à Lille.

Une salle de shoot à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Adoptée le 7 avril par l'Assemblée nationale, l'expérimentation de «salles de shoot» ne verra pas le jour à Toulouse. Pourtant, il y a deux ans, la Ville rose s'était portée volontaire pour mettre en place une salle de consommation de drogue à moindre risque (SCDR). Mais, contrairement à Bordeaux, Strasbourg et Paris, la nouvelle municipalité a décidé de ne pas tester ce dispositif.

Marseille dit non aussi

«Nous n'y sommes pas favorables car nous n'avons pas l'assurance de son efficacité. Ce n'est pas une opposition de principe, mais la question de la prise en charge psychiatrique et du suivi addictologique au produit se pose. Ces salles peuvent été aussi des lieux de stigmatisation. Nous serons attentifs aux résultats des expérimentations», avance Daniel Rougé, adjoint au maire en charge de la coordination des politiques de santé publique.

Regrets de la gauche

Pour les élus locaux de gauche, ces salles de shoot, présentes dans d'autres pays, ont déjà fait leur preuve. Pour la députée toulousaine PS et présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton, elles «s'adressent à des gens qui ont disparu des radars de notre société».

«Toulouse est un endroit adapté pour les tester. Nous avons des associations à la hauteur pour le faire. Au lieu de prendre des drogues dans des squats, cela permettrait à des gens de le faire de manière moins risquée, de les remettre dans un situation plus sociale», assure Pierre Cohen (PS), l'ancien maire de Toulouse qui avait porté la candidature de la commune en son temps. Il fait notamment référence à l'association Clémence-Isaure qui œuvre depuis plusieurs années auprès des toxicomanes.