Toulouse : «La vie en rose, ce n'est pas ma nature», reconnaît le romancier Pascal Dessaint

CULTURE Le plus toulousain des auteurs de roman noir récidive dans «Le chemin s'arrêtera là». Entretien...

Propos recueillis par Helene Menal

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L'auteur toulousain Pascal Dessaint

L'auteur toulousain Pascal Dessaint — Philippe Matsas

Une digue, une centrale nucléaire et des usines à l'abandon. C'est dans ce triste décor que Pascal Dessaint poursuit dans un nouveau roman son exploration de la misère et de l'âme humaines.

Pourquoi  avoir choisi le monde ouvrier comme toile de fond?

J'observe des gens abîmés, cabossés. Forcément c'est douloureux, forcément, c'est noir mais je ne vois pas comment je pourrais faire autrement. On parle peu de ces drames qui se jouent à la fermeture d'une usine quand les gens vont se retrouver complètement laminés. La vie en rose, ce n'est pas ma nature, ce n'est pas ma façon de faire de la littérature.

D'où cette escalade du pire...

C'est vrai, deux des personnages sont des affreux particulièrement gratinés et de la pire eau. Mais il y a aussi des sentiments généreux et de belles amitiés et, pour la première fois dans un mes romans, des jeunes qui ont des rêves.

Y a-t-il aussi un peu de votre enfance nordiste dans ce décor où les usines côtoient la nature sauvage,  dans cette zone côtière  qui n'a pas de nom?

C'est un livre qui s'inspire d'un lieu que je connais bien, où j'ai vécu mes premières années et, paradoxalement, mes premiers émois de naturaliste. Un lieu de ma formation d'homme, de citoyen et de militant de la nature, qui montre d'ailleurs à quel point cette dernière peut se montrer indulgente. Ce décor fait penser à la digue du Braek de Dunkerque mais je n'ai pas le souci du détail. Quelqu'un qui vivrait dans le Rhône, dans la vallée de la Chimie, s'y retrouverait.

Quels sont vos prochains rendez-vous?

Pour les Toulousains, l'acteur Boris Terral lira un extrait de mon roman à la librairie Privat le 30 mars dans le cadre du Marathon d'avril. Je vais aussi participer à de nombreux festivals comme Quai du Polar à Lyon et Etonnants Voyageurs fin mai à Saint-Malo. Et puis il y a un autre livre sur le feu. Il y en a toujours un, sinon ce ne serait pas vivable.