Canal du Midi: Le chancre coloré aux portes de Toulouse

PATRIMOINE Le champignon tueur de platanes a passé la frontière du département. Des foyers ont été repérés à Castanet, Gardouch et Montesquieu-Lauragais...  

Helene Menal

— 

Platanes  sur les berges du Canal du Midi, près de Ramonville.

Platanes sur les berges du Canal du Midi, près de Ramonville. — FRED SCHEIBER

C'était inéluctable. Un champignon n'a que faire des frontières administratives. Déjà présent au bord des routes, le chancre coloré du platane vient d'être détecté pour la première fois sur les berges haut-garonnaises du Canal du Midi. Voies navigables de France (VNF), le gestionnaire de ce bijou du patrimoine, en a été informé par ses experts vendredi dernier.

Une dizaine de suspects

Les foyers identifiés se trouveraient à Montesquieu-Lauragais avec deux arbres atteints et à Gardouch (5 platanes). Le champignon a aussi gagné l'agglomération avec trois arbres suspects à Castanet. «Nous avons transmis l'information aux services l'Etat. Ils vont procéder à une deuxième vérification puis nous dire quelles mesures adopter», explique Evelyne Sanchis, chargée du dossier à VNF.

Plusieurs scénarios sont possibles pour les platanes suspects: la dévitalisation, l'abattage simple, ou l'abattage préventif y compris des arbres voisins, sur des trouées plus larges.

Ces végétaux ont en tout cas trouvé leurs premiers défenseurs, puisque les acteurs du Réseau fluvial demande d'ores et déjà «au maire de Castanet de bloquer la coupe des platane », comme l'ont déjà fait certains maires frondeurs audois. Ils appellent aussi à une grande concertation sur le sujet dans l'agglomération.

Les replantations s'accélèrent

Dans l'Aude, 2.250 platanes ont été abattus depuis la mi-août. 570 autres doivent y passer avant le 15 novembre, date d'arrêt de la campagne imposée par l'hibernation d'une espèce protégée de chauve-souris.L'abattage reprendra vers la mi-février.

La course contre la montre engagée par VNF pour sauvegarder le paysage du très touristique Canal du Midi comprend aussi un volet replantation. «Notre mission est de recréer en vingt ans un nouveau paysage. De faire ce que les successeurs de Riquet, le concepteur du Canal, ont fait en un siècle en créant les alignements de platanes», souligne Patrick Butte, le patron de la direction territoriale Sud-Ouest à VNF. 1.200 arbres doivent être replantés cet hiver, contre 800 l'an dernier.

La science à la rescousse

L'autre option, c'est la science et la découverte de traitements efficaces. La société audoise Cetev attend le feu vert du ministère de l'Agriculture pour  tester l'innocuité de son procédé sur l'environnement et la santé. Des étudiants de l'Insa et de Paul-Sabatier travaillent aussi sur une bactérie tueuse de chancre et suscitent un vif intérêt de la communauté scientifique.