On détruit tout et on recommence

Urbanisme D'ici à 2016, le campus du Mirail aura été entièrement rasé puis reconstruit

Hélène Ménal

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Sur le campus rénové, un plan d'eau de source traversera la prairie centrale.

Sur le campus rénové, un plan d'eau de source traversera la prairie centrale. — Valode & Pistre- Cardete & Huet

Construite pour 8 000 étudiants dans les années soixante, l'université Toulouse-Le Mirail (UTM) en accueille aujourd'hui 24 000. Ce campus, jamais achevé, est donc inadapté. Il est même vétuste depuis sa création puisque, très vite, les infiltrations d'eau et les problèmes électriques se sont multipliés. Longtemps, l'université a colmaté au coup par coup. Avant de décider de faire du passé table rase. «C'est le seul exemple d'une université reconstruite entièrement sur son site», a rappelé mardi Jean-Marc Minovez, son président, au moment de dévoiler la troisième tranche de cette réhabilitation. La plus spectaculaire, puisque d'ici juin, le chantier de démolition du cœur du campus va démarrer. En trois ans, 202 millions d'euros de travaux en tout vont être menés par une filiale de Vinci Construction qui sera propriétaire des nouveaux bâtiments pendant 27 ans, et touchera à ce titre un loyer de l'Etat. L'idée retenue est celle d'un «chantier à tiroirs», même si, dans la «phase critique», les étudiants n'échapperont pas aux préfabriqués.

Coursives lumineuses


Côté esthétique, c'en est fini des coursives sombres et ventées. Les architectes, le cabinet parisien Valode & Pistre et leurs confrères toulousains Cardète et Huet, ont certes préservé le fameux concept de rues perpendiculaires inventé par leur prédécesseur, Candilis, mais en version XXL. «Les plafonds des allées seront à huit mètres de haut au lieu de trois», précise Gérard Huet. Surtout, ils laisseront passer la lumière.

«Un campus qui fonctionne, c'est aussi un lieu où il fait bon vivre», souligne Jean-Marc Minovez. Celui de l'UTM sera donc ouvert aux habitants du quartier, avec ses commerces solidaires, dont une épicerie. «ça a l'air sympa», jugent Sonia, Clara et Anaïs en regardant les visuels. Les trois étudiantes n'ont jamais songé à se promener dans les coursives et se souviennent d'un temps, pas si éloigné, où «pour passer dans la salle d'à-côté, il fallait faire tout le tour d'un bâtiment».

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