Ennuyeux l’euro? France 2 pense, au contraire, qu’il y a là un sujet romanesque. «Le roman de l’euro», diffusé jeudi 15 mai à 20h40, propose de reparcourir, interviews et images d’archives à l’appui, l’histoire, «l’épopée» même, de la monnaie européenne. David Pujadas, co-auteur du film avec Daniel Cohen, et présentateur du journal de 20h de la chaîne, répond aux questions de 20 Minutes.

Vous êtes sûr que le romanesque soit un registre adapté pour parler d’une monnaie?

C’est notre pari. Au-delà du roman, on est même dans le récit dramatique, dans le thriller avec l’euro! C’est un sujet non seulement passionnant, déterminant pour notre avenir mais aussi populaire. On parle de l’euro dans les cafés! Et tout l’intérêt du film est de montrer que tout cela est né dans un souffle épique.

Mais vous pensez pouvoir rassembler large avec l’euro?

Je l’ai montré à ma fille de 19 ans, et elle était passionnée. Elle ne se savait pas qu’il y avait eu ce débat Mitterrand/Seguin. On a oublié cette incroyable aventure, ces moments de tension où tout peut se jouer en deux minutes.

Avouez que ce n’est pas la réputation de l’Europe à la télévision, souvent jugée peu télégénique.

Disons aride. Mais sur France 2, dès 2007-2008, quand a commencé la crise américaine, on a estimé qu’au 20h on pouvait même rendre compte de cette crise, grâce à de nouvelles formes de narration. En faisant venir des experts, en utilisant beaucoup d’infographies, cela a fait venir des gens, et fait le succès de notre journal. Le roman de l’euro est une suite logique.

Oui enfin, quand TF1 réalise sa meilleure audience depuis deux ans, mardi soir, ce n’est pas grâce à l’euro mais grâce à Didier Deschamps et l’annonce de la sélection des Bleus pour le Mondial…

Il faut de tout pour faire un monde et aussi des sujets plus légers. La vie est comme cela. Et franchement, on craignait le pire et on a été plutôt soulagé par cette audience. Il y a quatre ans, lorsque c’était Raymond Domenech en plateau, l’audience avait été 1,5 fois supérieure!

Il y a quelques jours une pétition de politiques a reproché à France 2 de ne pas diffuser le débat pour des candidats et candidates à la présidence de la commission européenne. Qu’en avez-vous pensé?

Cela ressemblait un peu à une blague. On avait l’impression qu’ils s’étaient trompés d’adresse. On est la chaîne des Européennes, et encore plus qu’il y a cinq ans. On y consacre deux primes, sans oublier les débats d’Yves Calvi. Cette controverse nous a amusés.