De notre envoyé spécial
Les tables-rondes au Comic-Con, c'est sport. Les règles sont simples: une quarantaine de journalistes, répartis en sept tables. Un ou deux sièges sont laissés libres. Un «talent» (acteur, producteur, scénariste etc) prend alors place. Parfois, une sorte d'entente cordiale tacite règne, pour que chacun pose une question tour à tour. Mais le plus souvent, c'est la jungle. Du genre chacun pour sa peau, comme à la cantine un jour de frites. Entre cinq et huit minutes plus tard, un employé de la chaîne vient avertir qu'il ne reste plus qu'une question. Il ne manque que le coup de sifflet du prof de sport, et il est déjà temps pour les interlocuteurs de permuter.
Certains le font très professionnellement (Michael C. Hall, de Dexter). Certains jouent les divas et ne font qu'une apparition sur le tapis rouge devant les caméras télé avant de s'éclipser (David Duchovny, de Californication). D'autres, enfin, semblent y prendre vraiment plaisir. C'est le cas de l'équipe de The Big Bang Theory, l'une des sitcoms «classiques» les plus réussies de ces dernières années.
Penny et son iPad
«On a fini comment déjà la dernière saison? C'est toi qui m'a larguée ou l'inverse?» Kaley Cuoco (Penny) joue la carte de la confusion. «Mais non, on faisait une pause et tu as utilisé mon corps après avoir trop bu et ça m'a brisé le coeur», réplique Johnny Galecki (Leonard). Les deux sont visiblement complices (ou donnent bien le change). Comment va évoluer la relation dans la prochaine saison? Réponse évasive habituelle.
Les acteurs sont-ils devenus de vrais geeks et nerds, comme leur personnage? Kaley Cuoco: «Un peu, je suis en train de lire Bilbo le Hobbit, et sur mon iPad en plus.» «Ah oui, c'est vrai que t'aimes ce machin là. Moi, je suis old school, je préfère l'odeur du papier et l'encre des journaux qui tâche», répond Galecki. Time up. «J'espère que vous me choisirez à la fin pour une 2e date», plaisante Kaley Cuoco.
Sheldon et sa (potentielle) copine
Jim Parsons, nominé pour la 2e année consécutive dans la catégorie «meilleur acteur dans une comédie», reste nerveux comme un écolier. Il est cependant aussi «surpris qu'excité» à l'idée de voir Sheldon dans une possible relation, avec son équivalent féminin présenté à la fin de la saison 3. «Je ne sais pas si on peut vraiment parler de relation amoureuse pour un tel individu. Il peine déjà avec l'amitié», reprend-il.
Howard n'a pas tourné la page Bernadette, selon un producteur. «Vous me l'apprenez, on ne nous dit jamais rien», plaisante l'acteur Simon Helberg. Pour Raj, Kunal Nayyar espère que la série «continuera à explorer ses problèmes de communication» avec la gente féminine, mais «sans y trouver de remède». Selon lui, «le personnage deviendrait moins intéressant» dans le cas contraire.
Si les réponses restent assez formatées, certains surprennent parfois, comme le co-créateur, Bill Prady, qui répond... directement en français. «C'est vrai que tout n'est pas traduisible, mais on essaie de conserver un humour et des références universels», raconte-t-il. «Quoi, qu'est-ce que t'as dit?», demande son compère Chuck Lorre. Prady: «Je viens de dévoiler tous les secrets.» Dommage que ça ne soit pas le cas.