Eurovision, la France à jamais perdante?

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Publié le 18 mai 2009.

REVUE DE PRESSE - Après la nouvelle défaite de la France, la presse française tente de comprendre le naufrage de samedi soir...

Annoncée grande favorite de cette 54e édition de l’Eurovision, samedi à Moscou, la chanteuse Patricia Kaas s’est contentée d’une huitième place décevante, et pour elle et pour la presse française qui s’interroge sur les raisons de ce naufrage.
 
Erreur de casting?
 
«Honnêtement, nous faire croire que Patricia Kaas serait l'héroïne qui pouvait faire oublier plus de trente ans de disette française à l'Eurovision, tenait de l'imposture..., s’insurge ainsi "France Soir", seul titre à s’en prendre ouvertement à la chanteuse française, lundi matin. Car pour cela, encore fallait-il une bonne chanson. Et sûrement pas la très fade "Et s'il fallait le faire".»
 
Plus tendre, «L’Alsace» apporte son soutien inconditionnel à Patricia Kaas, originaire de la région. «Grâce à elle, la France a bénéficié d’une prime au talent et à la notoriété, s’enthousiasme le quotidien. Une (ou un) anonyme aurait pu prendre à son compte la chorégraphie, que vous pouvez, vous aussi, répéter sans danger dans votre salle de bains. Mais il lui aurait manqué «la» voix, les plongées mystérieuses du timbre, tous les accents de la démarche lorraine qui ont permis de hisser la France dans le premier tiers du classement, alors qu’elle était abonnée aux places du fond, même quand ses chansons en manquaient.» Une critique dithyrambique qui permet de jeter l’opprobre non plus sur la candidate mais sur le concours lui-même.
 
Un programme nul
 
Car si la France perd chaque année, c’est bien connu, c’est la faute à un concours ingrat et incapable de repérer la pépite, en l’occurrence la chanson interprétée par Kaas, du folklore européen. «Ce titre émotion ne semble pas avoir trouvé sa place face à des concurrents qui ont misé sur l’artillerie lourde de chorégraphies digne de celles de Shakira et des tenues très glamour pour s’assurer une place sur le podium, renchérit, vachard, "France Soir". Patricia Kaas a pris le contre-pied des autres concurrents en imposant un univers très sombre et dépouillé d’artifices». Un style peu trop froid et décalé pour ce concours, connu pour son folklore et sa bonne humeur.
 
Car pour séduire, mieux valait opter pour une pop sucrée et éprouvée. Quitte à se répéter. «Le 16 mai au soir, c'était plutôt la mondialisation de la chanson, ironise “L’Express”. Les 25 concurrents méga-kitsh ou super-strass ou spécial clubbing étaient davantage des erzatz de Britney Spears, de Céline Dion, des Pussycat Dolls, des 2 B 3 (en un)…» Et la presse française de jeter le discrédit sur l’ensemble du show. «Le programme était tout sauf enchanteur!» affirme ainsi «Gala» qui propose sur son site le «récit d’un concours cauchemardesque». Et «Ouest France» de conclure: «A se demander si perdre à l'Eurovision n'est pas finalement un gage de qualité.» Le candidat norvégien appréciera.
Sandrine Cochard
TWITTER

Déçue de sa piètre 20e place, Dita Von Teese, qui a donné de sa personne lors d’un effeuillage langoureux pour doper le score allemand, ne décolère pas. Sur sa page Twitter, elle se déclare «stupéfaite que les meilleures performances soient si loin de la tête du classement! Et le Danemark, l'Ukraine, l'Estonie? Que des supers chansons avec un show génial. Inadmissible!» Heu, elle n’a pas oublié Patricia Kaas, là?
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