INTERVIEW – Le CSA planche actuellement sur le placement de produits à la télévision. Christine Kelly, présidente du groupe de travail «Publicité et protection des consommateurs» au CSA, fait le point pour 20minutes.fr…
Si le placement de produits est largement utilisé aux Etats-Unis, il reste peu développé en France. Pour l’instant. Car la loi du 5 mars 2009, qui autorise les émissions et fictions françaises à y recourir, devrait ouvrir au petit écran cette publicité «intégrée». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a été mandaté par le gouvernement pour plancher sur le sujet. Il a jusqu'au 31 décembre 2009 pour fixer une réglementation en la matière. Christine Kelly, présidente du groupe de travail «Publicité et protection des consommateurs» au CSA, fait le point sur 20minutes.fr.
Vous avez lancé lundi des consultations au sujet du placement de produits. Qui y participe?
Nous allons voir les chaînes de télévisions, les producteurs, les annonceurs, les agences de placement de produits et les associations de consommateurs. Nous allons également consulter le Centre national de la cinématographie (CNC) car le cinéma a déjà intégré cette pratique à ses productions. Nous nous inspirerons de ce qui se fait déjà.
Sur quels points le CSA devra-t-il trancher?
Tout d’abord, sur les émissions qui seront autorisées à proposer un placement de produits aux annonceurs. Il existe
une directive européenne qui interdit cette pratique aux émissions d'information et d'actualité, aux documentaires et aux programmes pour enfants. Il est évident que nous ne serons pas plus permissifs que cette directive. En revanche, nous pourrons être plus restrictifs. Les émissions de divertissement et les programmes sportifs par exemple, ne sont pas soumis à cette interdiction.
Certains produits seront-ils interdits d’antenne?
Oui, le tabac, l’alcool et les médicaments seront prohibés. Une des questions que nous nous posons est celle des aliments gras et sucrés, dont les publicités sont déjà encadrées (les spots doivent être accompagnés d’un message sanitaire et renvoyer sur le site
www.mangerbouger.fr, ndlr.) Faut-il interdire leur placement? Faut-il imposer le même message sanitaire à chaque apparition à l’écran? Autre point important: quelle forme prendra ce placement? Son apparition sera-t-elle courte ou longue, limitée ou répétée, libre ou minutée? Au CSA de le définir.
Le placement de produits est une autre façon de percevoir un financement publicitaire. A qui seront versés ces fonds? Aux chaînes ou aux producteurs?
C’est une question décisive car il s’agit d’un enjeu économique important. Nous ignorons encore si le CSA est compétent pour trancher sur cette question, nous sommes en train de nous renseigner auprès de notre service juridique.
Quel est le calendrier prévu?
Les consultations se dérouleront jusqu’à fin mai, début juin, puis il nous faudra digérer les propositions de chacun pour élaborer une réglementation que nous présenterons avant décembre prochain. C’est un énorme chantier qui nous attend mais le CSA est déterminé à aller vite.
Propos recueillis par Sandrine Cochard
DEFINITION
Selon la directive européenne, «le placement de produit fait référence à l'utilisation explicite par les personnages d'un film d'un produit d'une marque spécifique».