En charge du pré-casting, vous menez un travail que le public ne voit pas forcément, la sélection des candidats autorisés à passer devant le jury.
Nous sommes quatre coachs vocaux sur les castings, à entendre en moyenne 250 candidats dans la journée, à raison de deux jours dans chaque ville. Nous en retenons entre cinq et dix par jour.
Fatigant, non?
C'est un peu énorme, oui. Mais assez incroyable: même si on ne les entend que quelques minutes, on ressent très fort l'énergie des candidats. Après, on conseille ceux qui sont retenus sur la voix, les choix de chansons. Il faut qu'ils soient solides, c'est un marathon, la «Nouvelle Star».
De ville en ville, y a-t-il des tendances?
Oui! Lors des castings à Marseille, on entend pas mal de variétés, mais aussi du R'n'B. Rennes est plus rock, Toulouse, plus chanson française. Des différences qui tiennent à la politique culturelle de la ville, aux bars musicaux. En suivant ce casting, j'ai vu comment on chante en France, aujourd'hui.
Y a-t-il une évolution?
Le niveau vocal monte, les candidats sont aussi nettement plus jeunes. On chante de plus en plus tôt.
Que diriez-vous des élus de la saison?
Qu'ils ne sont pas stéréotypés, y compris musicalement. On sent beaucoup des personnalités en développement, ça peut donner quelque chose d'assez inattendu, hors cadre.
Vous sélectionnez aussi des casseroles...
Ils font partie du show. Ce sont peut être des mauvais chanteurs, mais ce sont des chanteurs! Si, si, sincèrement, ils ont autant de convictions que les bons. Lorsque quelqu'un arrive, soit on est époustouflé, soit mort de rire mais cette énergie-là, on ne peut la nier. Evidemment, il y a des personnes qui sont plus dans le fantasme du chant que dans le chant, qui veulent juste dire qu'elles existent. Mais elles vont jusqu'au bout et je le respecte.