TELEVISION - Les séries «Gossip Girl», «Melrose Place», «The L Word» et «NCIS» préparent leur succession...
Parfois synonyme de seconde vie pour une série, le «spin-off», soit la création d’une nouvelle série à partir d’une existante (ou série dérivée), est à la mode à Hollywood. Quatre seraient actuellement en préparation pour les séries «Gossip Girl», «Melrose Place», «NCIS» et «
The L Word». Mais pourquoi développer un spin-off?
Profiter du buzz
Un spin-off découle nécessairement d’une série à succès. Cela permet à la nouvelle venue de profiter de l’aura de son aînée et d’alimenter un buzz. Ainsi, informations et rumeurs pleuvent sur la Toile depuis l’annonce du spin-off de «
NCIS» pour lequel LL Cool J, Chris O'Donnell et
Louise Lombard (ex-«Experts») seraient en négociations avancées. Même effervescence autour du casting ou de l’intrigue supposés des séries dérivées de «Gossip Girl» (
ici et
là) ou «
Melrose Place».
Capter un public déjà fidèle
Même si public fidèle à une série ne signifie pas forcément acquis à son spin-off, une série dérivée suscitera toujours la curiosité des fans de la série originale. Déjà parce que les deux séries ont des univers similaires, ce qui évite aux adeptes de se sentir dépaysés. Ensuite parce que le plus dur a été fait: le public a pu s’attacher à un ou des personnages au fil des saisons. Un capital de sympathie incontournable pour démarrer un spin-off.
C’est ainsi qu’est née «Angel», lancée en 1999, soit deux ans après les débuts de «Buffy». «Angel» reprend pas moins de quatre personnages créés dans «Buffy» et profite de nombreuses apparitions de personnages déjà rencontrés dans la série originelle. La nouvelle série impose rapidement son style et remporte un certain succès, vivant jusqu’à cinq saisons. Car pour passer le cap de la première saison, voire du pilote, le spin-off ne doit pas vivre dans l’ombre ou le souvenir de la série originale. «Joey», dérivée de «Friends», l’a apprise à ses dépends: un spin-off ne peut être qu’une resucée de la série dont il est issu.
Relancer l’intrigue
L’intérêt du spin-off est d’apporter un second souffle à une série vieillissante. Une façon d’apporter du sang neuf sans trahir un concept qui marche. Ce qu’avait compris Kenneth Johnson dès 1976 en lançant «Super Jaimie», issue de «L’homme qui valait trois milliards».
Le spin-off peut aussi éviter à un univers plébiscité par le public de s’éteindre avec l’arrêt de la série originelle. Paul Scheuring plancherait ainsi sur une nouvelle série carcérale, directement inspirée de «Prison Break»,
qui suivrait le personnage de Gretchen. Au final, un spin-off doit perpétuellement jongler entre innovation et fidélité à sa série-mère. Un équilibre délicat qui en a expédié plusieurs au panthéon des
pires ratages de séries dérivées.
Sandrine Cochard