TELEVISION - Il est prévu que le projet de loi soit voté en fin de semaine. Or ce mardi soir, seuls 15 articles sur les 57 ont été discutés...
L’examen de la réforme audiovisuelle avance doucement au
Sénat. Très doucement même. Après quatre jours de débats, seuls 15 articles sur les 57 que compte le projet de loi ont été discutés. Or le vote final du texte est prévu le 15 janvier, à la fin de cette semaine. Un calendrier qui semble difficile à tenir, d’autant que la séance de ce mercredi soir ne sera pas consacrée à la télé publique mais à la situation au Proche-Orient.
Dans les coulisses du Sénat, on assure que, maintenant que la
nomination des présidents de France Télévisions et de Radio France par le chef de l'Etat - l’un des articles les plus controversés - a été adopté (1), le rythme peut s’accélérer. «Mardi soir, les sénateurs ont fini à
minuit cinquante, ce qui n’est pas tard. Ils peuvent tenir des séances nocturnes jusqu’à une heure beaucoup plus avancée de la nuit».
Polémique sur la procédure d'urgence
Reste que le texte, déclaré «d’urgence» par le gouvernement, n’a pas la même priorité pour tout le monde. «N’y avait-il pas des sujets plus urgents à traiter? Aujourd’hui même, en pleine crise économique, ne devrions-nous pas plutôt discuter d’autres sujets qui intéressent plus directement les Français?, a demandé
Hervé Maurey, sénateur
centriste. J’avoue avoir quelques scrupules à nous voir aujourd’hui débattre de ce texte déclaré d’urgence!» Et le sénateur assène le coup d’estoc: «le moment ne pouvait pas être plus mal choisi pour mettre en place cette réforme ; il aurait été beaucoup plus sage d’attendre 2012», date du passage à la télévision haute définition.
Selon
David Assouline, sénateur socialiste, précipiter les débats est une façon de museler l’opposition: «L’urgence a été déclarée pour réduire la discussion publique à sa plus simple expression».
Même avis du côté du groupe communiste qui voit dans cette «urgence» le symbole de la marche forcée du gouvernement pour faire appliquer sa réforme télévisuelle. «De l'illumination présidentielle du 8 janvier dernier jusqu'à l'inscription en urgence de ce texte, en passant par la lettre de Mme Albanel à Patrick de Carolis (...), on applique les textes avant de les discuter», a résumé Ivan Renar, du groupe communiste.
(1) Ces
patrons ne pourront pas être révoqués sans les voix des parlementaires de l'opposition.
Alice Antheaume