TELEVISION - Patrick de Carolis, sommé par le gouvernement de décréter lui-même la suppression des pubs, a fait voter la mesure à la direction de son groupe...
Il a la pression, Patrick de Carolis.
Sommé par le gouvernement de décréter la fin de la publicité, taxé d’«exécuteur de basses œuvres» par le SNJ de France Télévisions, le patron de la télé publique s’en est remis au conseil d’administration du groupe qu’il dirige.
Aux termes d'une résolution adoptée mardi, celui-ci a annoncé que
la mesure serait bel et bien appliquée dès le 5 janvier, comme le gouvernement l’avait prévu. Autrement dit, il n’y aura
plus, à partir de cette date, de pubs sur les écrans de France2, France3, France4 et France5 de 20h à 6h.
La mesure a été adoptée par 9 voix pour, 2 contre et une abstention, précise la direction de France Télévisions. «On a bien désormais une conception de l'audiovisuel public comme une courroie de transmission du pouvoir politique», a déploré le socialiste Benoît Hamon. Qualifiant de «piètre besogne», le travail demandé par la ministre Christine Albanel à M. de Carolis, Hamon a jugé que «ce n'était pas très honorable de demander au patron de l'audiovisuel public ce que le pouvoir politique n'a pas réussi à faire pour l'instant».
Doute et préoccupation
«Avant même le vote définitif et la promulgation de la loi (qui devrait passer au Sénat le 7 janvier, ndlr), Patrick de Carolis entendait prendre et assumer ses responsabilités au nom de l'intérêt supérieur du groupe qu'il dirige et de ses collaborateurs», peut-on lire dans le communiqué de la direction.
Le dirigeant de France Télévisions «a ajouté que cette décision et les conditions d'urgence dans lesquelles elle avait été amenée devant le Conseil pouvait susciter chez certains le doute ou la préoccupation, mais qu'elle était indispensable au bon fonctionnement de l'entreprise». Un fonctionnement que la CGT juge menacé, puisque selon le syndicat, France Télévisions prévoit un déficit de 135 millions d'euros en 2009, après une année 2008 marquée par un déficit de 116 millions d'euros (le détail, à lire sur
E24.fr).
AA