JUSTICE - Les candidats des émissions de téléréalité font valoir leurs droits de salariés aux prud’hommes...
Mardi à partir de 9h, au conseil des prud’hommes des Hauts-de-Seine, la téléréalité avait rendez-vous avec l’histoire. Mais l'audience de la première affaire à être jugée, celle qui concerne 25 participants à «L’île de la tentation», saison 2002 et 2003, a été renvoyée.
Un report accordé à la demande des sociétés défenderesses (le producteur de l'émission Glem, TF1 et Sipa) au motif que les avocats des participants ne leur avaient remis leurs conclusions écrites que la veille au soir. Ce qui ne change rien au calendrier des autres affaires, assure Me Jérémy Assous, avocat des 120 candidats, de «Pékin express» à «Koh Lanta», qui demandent à ce que leur participation soit requalifiée en contrat de travail.
«L’île de la Tentation» à la barre
«Il n’y a pas de raison pour qu’ils n’y arrivent pas», explique Me Jérémy Assous. Le jeune avocat sait de quoi il parle. Il planche sur le sujet depuis 2003. Et il a déjà réussi un gros coup, le 12 février dernier.
Ce jour-là, la cour d’appel de Paris avait confirmé un jugement condamnant la société Glem pour «travail dissimulé» et contraint la filiale de TF1 à verser 27.000 euros chacun à trois candidats de «L’île de la Tentation». L’affaire sera jugée en cassation au début 2009. C’est justement par ce programme, aux tentateurs et couples en péril, que les prud’hommes commenceront mardi matin. «Il y a tellement de requérants qu’on les a regroupés par émission et chronologiquement», explique Jérémy Assous.
Le Trésor public en allié
Dans ce combat, l’avocat vient de recevoir l’aide d’un allié inattendu. Le Trésor public a adressé un redressement au gagnant des «Colocataires» 2005, estiment que ses 204.000 euros de gains n’avaient pas été acquis lors d’un jeu, mais d’une «fiction scénarisée».
Alice Coffin et Sandrine Cochard
CALENDRIER
Les procès suivront, environ un par semaine, jusqu’en janvier 2009. En cas de condamnations, l’ardoise serait de plusieurs dizaines de millions d’euros pour Glem ou les sociétés Adventure Line («Koh Lanta») et Studio 89 («Pékin express»). «Et, conclut Jérémy Assous, j’ai des dizaines d’autres dossiers en attente.»