Xavier de Moulins a beau aimer les costumes sombres, il est plutôt porté sur le rouge en ce moment. Après Moscou, c’est dans la mystérieuse nuit chinoise que le journaliste a promené la caméra subjective de «Paris Dernière». Son road-movie nocturne a donc muté en «Pékin Dernière», vendredi 13 à 22h20 sur Paris Première.
Mais la place Tien-an-Men n’est pas le Kremlin. Bye-bye, les fêtes exhibos où Houellebecq et Beigbeder se crament à la vodka et aux mannequins à chapka : avant tout, la fête pékinoise se mérite. Elle se dérobe, elle se cache. «L’argent est roi mais les Chinois ne sont pas dans le paraître, ils ne connaissent pas encore le bling-bling», sourit Xavier de Moulins. Dans le film, l’entrepreneur Alan Wong est l’exemple parfait de cette discrétion. Il a ouvert six restaurants dans Pékin, vit dans un duplex de luxe, possède bien une Ferrari, mais, en bon Chinois, cite un proverbe éloquent:«si la tortue allonge sa tête trop en avant, elle se la fera couper».
Qu’importe ces murailles car au final, le journaliste a trouvé la clé du casse-tête, et pénétré dans une vie nocturne en pleine révolution. La Cité Interdite ne l’est plus, elle accueille un défilé de mode! Au cœur du quartier Dashanzi, une ancienne usine militaire s’est transformée en galeries d’art underground. Dans une arrière-boutique, les frères Gao façonnent des bustes de Mao à gros seins, interdits d’expo en Chine, évidemment.
Puis direction le club Block 8, où «le fils du n° 5 du gouvernement chinois» traverse l’air de rien le dancefloor. Le manager français à la tête de bandit explique en hurlant toutes la complexité des plans de table de sa boîte, entre mafia chinoise, russe, et les femmes et maîtresses de tout ce beau linge. Sinon, une fille en bikini rose danse dans un jacuzzi.
Enfin, De Moulins affronte les embouteillages légendaires de Pékin, direction la Villa Bambou sur la Grande Muraille de Chine. Le dernier mystère pékinois qu’il y découvrira a de longues jambes et une jolie robe de chambre en satin. Scoop:pour ses délocalisations de «Paris Denière» l’année prochaine, De Moulins a jeté son dévolu sur «les villes en o», Rio de Janeiro et Tokyo.