«Pour une demi-finale, le niveau de "Destination Eurovision" était très haut», estime le juré suédois

INTERVIEW Le Suédois Christer Björkman, figure respectée de l’Eurovision, est l’un des jurés de «Destination Eurovision», le concours lancé ce samedi sur France 2 pour désigner le représentant tricolore de cette année…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Le Suédois Christer Björkman, juré de «Destination Eurovision».

Le Suédois Christer Björkman, juré de «Destination Eurovision». — ITV

Son nom ne vous dit sans doute rien, mais, sur la planète Eurovision, Christer Björkman est une figure respectée. Candidat de la Suède en 1992, il avait fini… avant-dernier. Ses galons, il les a glanés une dizaine d’années plus tard, lorsqu’il a commencé à superviser le Melodifestivalen, le télécrochet – qui fait chaque année un carton d’audience – servant à désigner l’artiste qui défendra les chances suédoises à l’Eurovision. Un procédé qui porte ses fruits car le pays d’Abba s’est classé neuf fois dans le Top 5 lors des quinze dernières éditions, et s’est imposé deux fois. Christer Björkman a ainsi produit les éditions 2013 et 2016 de l’Eurovision, organisées en Suède, et a fait profiter de son expertise les organisateurs ukrainiens du concours de l’an passé. Bref, le sexagénaire est quelqu’un qui compte. Aussi, France 2 a fait appel à lui pour rejoindre le jury international de Destination Eurovision et évaluer les candidats tricolores… Les téléspectateurs français l’ont vu ce samedi attribuer ses 12 points à Emmy Lyiana. 20 Minutes a recueilli ses impressions après cette première demi-finale.

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Qu’avez-vous pensé de cette première émission de Destination Eurovision ?

Pour une demi-finale, le niveau était très haut. J’avais plusieurs favoris, qui se sont qualifiés, donc je suis content du résultat. Les équipes ont fait du bon boulot côté casting, aussi bien dans le choix des artistes que des chansons. J’ai hâte de voir les candidats de la deuxième demie, pour comparer.

France 2 a donc eu une bonne idée de lancer ce concours ?

L’énergie et les efforts mis dans ce show sont remarquables. C’est une très bonne chose, et pour la France, et pour la marque Eurovision, parce qu’il est important que les membres du Big Five [c’est-à-dire, les plus gros contributeurs financiers du concours, directement qualifiés pour la finale : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie] se donnent à fond.

Trouvez-vous que la France prend l’Eurovision un peu plus au sérieux qu’avant ?

Absolument. Pour que le public comprenne ce que vous voulez faire et l’impliquer dans votre démarche, il doit participer au processus de sélection. Les téléspectateurs doivent savoir de quoi il s’agit, qui participe, qui gagne et pourquoi. Se contenter d’une sélection interne [laisser un petit comité décider seul] n’est pas forcément une bonne chose. Mettre en place un concours comme Destination Eurovision est donc très important. J’ai attendu tellement longtemps que la France s’y mette et je suis d’autant plus content de faire partie de l’aventure.

La France n’a plus gagné l’Eurovision depuis 1977. Peut-elle vraiment remporter le concours cette année ?

Bien sûr ! Certes, il est important de gagner une fois de temps en temps, mais le principal, selon moi, est d’installer une compétition comme Destination Eurovision sur le marché local, de la faire accepter, aimer et de créer de nouveaux tubes. Dans l’idéal, peut-être que trois ou quatre des dix-huit chansons candidates dans Destination Eurovision feront un carton en France et, ça aussi, c’est important pour construire la marque.