«Destination Eurovision»: Dans les coulisses de la première demi-finale

TELEVISION Samedi, à 21h, France 2 diffuse la première demi-finale du concours qu’elle organise pour désigner l’artiste qui représentera la France à l’Eurovision en mai. « 20 Minutes » a assisté au tournage lundi…

Fabien Randanne

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Amir, Isabelle Boulay et Christophe Willem, les jurés francophones de «Destination Eurovision».

Amir, Isabelle Boulay et Christophe Willem, les jurés francophones de «Destination Eurovision». — SCARELLA Gilles - FTV

  • France 2 organise Destination Eurovision, un concours pour désigner l'artiste et la chanson qui représenteront la France en finale de l'Eurovision le 12 mai à Lisbonne (Portugal).
  • Si la finale de Destination Eurovision sera diffusée en direct le 27 janvier, les deux demi-finales, diffusées les 13 et 20 janvier, ont été enregistrées.
  • 20 Minutes était ce lundi sur le tournage de la première demi-finale.

Cette année, France 2 a vu grand pour désigner l’artiste qui défendra les chances tricolores à l’Eurovision en mai, à Lisbonne (Portugal). Trois prime time spéciaux présentés par Garou seront diffusés les 13, 20 et 27 janvier et dix-huit candidats sont sur la ligne de départ. Si la finale de Destination Eurovision sera bel et bien en direct, la première émission a été enregistrée ce lundi, pour une diffusion ce samedi. 20 Minutes était sur place.

Studio 217 de la plaine Saint-Denis - le même que celui de Danse avec les stars -, 19h. Les premiers spectateurs prennent place autour de la scène. Le décor est relativement sobre et sans démesure, en dehors cinq écrans circulaires de cinq mètres de diamètre qui auréolent l’espace. Aucune place assise, il s’agit de créer une atmosphère de concert. Les drapeaux français, portugais et de l’Union Européenne sont prêts à s’agiter (presque) comme à l’Eurovision.

Des artistes, pas des candidats

En coulisses, Matthieu Grelier, le directeur des programmes d’ITV Studio qui produit l’émission, briefe les journalistes. Destination Eurovision n’est pas un télécrochet, mais un concours de chansons auquel participent non pas des candidats, mais des artistes. « Pour eux, il y a un double enjeu. Bien sûr, celui de représenter la France à l’Eurovision, mais aussi, pour certains, l’espoir de lancer leur album en chantant leur single pour la première fois en public. »

Parmi les neuf chanteurs au menu de cette première demi-finale, on trouve des têtes relativement connues, comme Lisandro Cuxi, vainqueur de The Voice l’an passé, ou Malo', le protégé de Jean-Louis Aubert, dont les morceaux tournent en radio, et d’autres qui font leur première télé, telle que la jeune Enéa. « On est fier de la sélection, très éclectique, reprend Matthieu Grelier. On voulait faire un bon choix pour l’Eurovision mais aussi un bon programme tout court. »

Des reprises

Garou arrive sur le plateau et se lance en compagnie du trio de jurés - Amir, Isabelle Boulay et Christophe Willem - dans une reprise de Waterloo, qui sera diffusée samedi après le journal de 20 Heures. Puissent les plus superstitieux oublier que le tube d’Abba, qui a remporté l’Eurovision en 1974, fait référence à une cinglante défaite de l’armée française… et que treize caméras sont réparties autour du plateau.

Après un bref hommage à France Gall, la demi-finale entre dans le vif du sujet. Les neufs candidats, pardon : artistes, se succèdent. Chacun commence par interpréter un couplet et un refrain d’une chanson de son choix. Masoé ouvre ainsi le bal avec une reprise de Pas là de Vianney, alors que Noée a opté pour Le Paradis Blanc et les Pheno Men pour ABC des Jackson Five. Une manière pour chacun d’évoquer ses influences ou de poser son univers musical. Ce n’est qu’après la diffusion d’une vidéo expliquant la genèse de leurs chansons, qu’ils interprètent le morceau avec lequel ils espèrent défendre les chances de la France à l’Eurovision.

Côté jury, les rôles sont bien répartis. Isabelle Boulay est dans la bienveillance, Amir maîtrise les euphémismes et les sous-entendus et Christophe Willem est le plus sévère mais juste. « Ils sont objectifs et ils ont raison : j’ai encore du travail à fournir », admet à sa sortie de scène un-e artiste qui n’a pas récolté que des éloges - comme dirait Amir - sur sa prestation.

2, 4, 6, 8, 10 et 12 points à répartir

Le trio francophone n’est pas le seul qu’il faut convaincre. Un jury international composé du suédois Christer Björkman - un des grands manitous de la galaxie Eurovision -, et des chefs des délégations italienne et biélorusse, Nicola Caligliore et Olga Salmakhe, ont aussi les yeux et les oreilles grands ouverts sur chacune des prestations.

Eux six sont les seuls à décider des quatre participants parmi les neufs qui ont concouru ce lundi qui décrocheront leur ticket pour la finale du 27 janvier en direct. Ce n’est que ce soir-là, que les téléspectateurs auront leur mot à dire et seront invités à voter pour départager les huit finalistes (quatre autres artistes seront qualifiés lors de la deuxième demi-finale).

En attendant, chaque membre du jury doit attribuer 2, 4, 6, 8, 10 et 12 points, la note maximale, à leurs préférés de la soirée. Et, comme un avant-goût de l’Eurovision, l’annonce de la répartition des points, juré après juré, réserve son lot de surprises et de tension. Du côté des journalistes présents en coulisses, les avis sur chaque artiste divergent et aucun n’a le même quatuor de favoris. C’est dire si la finale s’annonce disputée et sans doute bien plus serrée que certains le prédisent.