«Qui prendra la suite»: Pierre l'ébéniste du Lauragais cherche son parfait apprenti

TELEVISION Dans « Qui prendra la suite » sur France 3, des artisans cherchent la perle rare à qui transmettre leur savoir-faire. Pierre Armengaud, ébéniste dans le Lauragais, participe sans langue de bois…

Helene Menal

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Pierre Armengaud avec son "apprenti" Louis.

Pierre Armengaud avec son "apprenti" Louis. — Groupe France Télévisions - France 3

  • France 3 diffuse le vendredi en prime « Qui prendra la suite », une téléréalité documentaire sur l’artisanat.
  • Des professionnels y cherchent la perle rare à qui transmettre leur savoir-faire.
  • Pierre Armengaud, ébéniste à Toulouse et Carcassonne, fait partie du casting.

Faire de la téléréalité avec des artisans, c’est culotté. Mais France 3 relève le défi en diffusant le vendredi soir en prime l’émission « Qui prendra la suite ». C’est un peu la version artisanale de « L’amour est dans le pré ». Sauf qu’il s’agit d’amour du bel ouvrage, qu’on y passe des Job Dating et que « la perle rare » recherchée est celle - ou celui - dont le coup de main sera le plus efficace à l’atelier, qu’il soit de confiserie ou d’ébénisterie.

Et parmi les six professionnels en quête du parfait collaborateur, il y a Pierre Armengaud. Maître artisan d’art ébéniste, il perpétue la tradition familiale dans son moulin-scierie du Lauragais (plus exactement à Belpech à la frontière de l’Aude et de l’Ariège) où il prenait déjà son « biberon au milieu des copeaux ».

Des ballons de rugby en bois

Si vous êtes rugbyphile, vous connaissez sans doute ses ballons de rugby en bois personnalisés, brandis comme trophée dans toute l’Ovalie, offerts pour les cadeaux collectifs ou exposés dans les hôtels de luxe de Toulouse.

Les fameux ballons de rugby en bois de Pierre Armengaud.
Les fameux ballons de rugby en bois de Pierre Armengaud. - France Televisions - France 3

Quand la production l’a appelé, Pierre n’a pas seulement dit oui. Il a dit « enfin ! ». « J’ai eu des responsabilités à la Chambre de Métier. Et j’ai vu comment des émissions comme "Top Chef" ont permis aux apprentis de retrouver le chemin de classes et de filières désertées », confie-t-il. Voilà pourquoi, l’ancien prof en lycée professionnel persuadé que le « que le niveau baisse dans le métier », a accepté d’entrouvrir les portes de son atelier et de lever le voile sur des secrets de fabrication qu’il garde jalousement, échaudé par le plagiat.

"J’ai vu comment des émissions comme Top Chef ont permis aux apprentis de retrouver le chemin de classe et de filières désertées"

Ne vous méprenez pas sur le titre de l’émission. Il ne passe pas la main au Moulin de la Jalousie. Seulement, le succès des ballons en bois, lui laisse peu de temps pour les restaurations d’églises ou de meubles anciens.

Recruteur consciencieux, Pierre a bien fignolé son casting. Il a jalonné ses entretiens de casse-tête (en bois évidemment) et de blind test sur les essences. Ce compagnon du Devoir reste fidèle à sa chapelle. Il aime l’audace et le courage, avec un penchant pour ceux qui effacent tout et font bifurquer leur vie. Comme Julie, Pablo et Louis, les « apprentis » qu’il a retenus. Il va d’abord leur apprendre la sécurité parce que ce n’est pas pour rien qu’il est le dernier de sa promo qui a encore tous ses doigts. A la fin des quatre épisodes, il n’en restera qu’un au moulin. « Et ça va piquer », comme aime à la dire Pierre Armengaud.