Christiane Taubira en colère face aux images racistes que lui montre «Complément d'enquête»

MEDIAS L'émission de France 2 diffusée jeudi « n'avait peut-être pas mesuré combien ces paroles de haine pouvaient blesser »...

F.R.

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Christiane Taubira dans «Complément d'enquête» diffusé le 5 octobre 2017 sur France 2.

Christiane Taubira dans «Complément d'enquête» diffusé le 5 octobre 2017 sur France 2. — Capture d'écran France 2

Complément d’enquête, diffusé jeudi sur France 2, a voulu revenir « à froid » avec Christiane Taubira sur les injures et attaques racistes dont elle a été victime lorsqu’elle était ministre de la Justice.

En 2013, Anne-Sophie Leclère, alors candidate FN dans les Ardennes, avait comparé, sur une publication Facebook, Christiane Taubira à un singe. « C’est une sauvage. (…) Je préfère la voir dans un arbre après les branches que la voir au gouvernement », avait déclaré plus tard la jeune femme devant les caméras d’Envoyé Spécial.

Face à ces images, Christiane Taubira a perdu patience : « « Quand on subit une telle violence, c’est à moi de venir [en parler] ? Face à cette dame, là ?  Où sommes-nous ? Elle attaque un pays, des valeurs, une histoire… Et vous m’interrogez, moi ? »

« Vous voulez que je vienne faire quoi ? Des discussions philosophiques ? »

Le journaliste relance en lui demandant si elle estime que la réaction des politiques a été à la hauteur de la violence ces propos. « Vous posez la question de la violence que cela représente ? Pour des gamines de 3 ans ? de 13 ans ? de 20 ans ? Vous voulez que je vienne faire quoi ? Des mondanités, des discussions philosophiques, politiques ? Vous vous rendez compte de ce que c’est ? », s’est agacée l’ex-Garde des Sceaux face au journaliste de Complément d’enquête, avant d’interrompre l’entretien.

« En montrant ces images à Christiane Taubira, nous n’avions peut-être pas mesuré combien ces paroles de haine pouvaient blesser, même cette ministre est habituée à encaisser », s'est excusé le commentaire.

Anne-Sophie Leclère a été à l’époque suspendue du Front national et a depuis été condamnée à 3.000 euros d’amende avec sursis pour injure publique raciale.