«American Gods»: Un road trip mythologique sanglant ... et drôle

SERIE La série événement du premier trimestre 2017 débarque enfin sur Amazon Prime Video…

Anne Demoulin

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 Ian McShane et Ricky Whittle dans la série « American Gods ».

Ian McShane et Ricky Whittle dans la série « American Gods ». — FremantleMedia North America

Créatures mythologiques, humour noir et des hectolitres de sang au menu d’une des séries les plus attendues de l’année. Après sa diffusion sur Starz le 30 avril, la série American Gods débarque sur Amazon Prime Video ce lundi. Face à un pilote épique, étrange et psychédélique, les réactions étaient mitigées lors de l’avant-première organisée lors du festival Séries Mania alors que les critiques américaines sont dithyrambiques. Le pilote promet beaucoup, mais donne peu. Explications.

L’adaptation d’un best-seller illuminé

La série American Gods est l’adaptation du roman culte du même nom du Britannique Neil Gaiman. Un road movie fantastique complètement barré qui raconte la bataille aux Etats-Unis entre les anciens Dieux et les nouveaux Dieux. Une métaphore d’une longue réflexion sur l’Amérique contemporaine. « L’Amérique est le seul pays au monde qui se demande encore ce qu’il est », lance un des héros dans le pilote.

L’étrange et fascinant Mr. Wednesday

Le pilote reprend l’ouverture du livre, et si vous ne l’avez pas lu, nous a-t-on expliqué, vous ne comprendrez pas grand-chose, mais c’est voulu. L’histoire suit Shadow Moon (Ricky Whittle de The 100), qui apprend à sa sortie de prison, le décès de sa femme et de son meilleur ami dans un accident de voiture.

A bord de l’avion qui l’emmène aux funérailles, il fait la rencontre d’un bien étrange vieil homme un peu loufoque, Mr. Wednesday (l’excellent Ian McShane), qui veut l’engager comme homme de main.

Prostituée avaleuse d’hommes, Leprechaun hargneux, et cubes bagarreurs, l’ex-détenu se retrouve rapidement aux prises avec l’univers insolite et fantastique de son baroque patron, embarqué dans un voyage aussi extraordinaire que métaphysique.

Une réalisation outrancière

Pour se consacrer à ce show spectaculaire, le showrunner Bryan Fuller, qui a travaillé sur Dead Like Me, Heroes et Pushing Daisies avant de lancer Hannibal,a quitté la nouvelle série Star Trek. A ses côtés, Michael Green, le créateur de Kings, le producteur de Heroes et scénariste de Green Lantern.

Cauchemar pour certains, rêve pour d’autres, la surenchère visuelle et le maniérisme de la mise en scène de ces deux-là ne semble pas avoir de limites : tons saturés, hectolitres de sang filmés au ralenti, abondance des effets spéciaux… « Œil pour œil, pipe pour pipe », les moments où l’humour noir l’emporte avec des dialogues ciselés à l’acide sont jubilatoires. A l’instar du pilote de Preacher ou de Legion, le premier épisode d’American Gods laisse le spectateur un peu perplexe. Il faudra attendre le deuxième ou troisième épisode pour savoir si, comme nos confrères américains, l’on croira en ces dieux.

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