«Las chicas del cable», un « Mad Men » édulcoré à la sauce espagnole

SERIE Cette première production originale espagnole de Netflix raconte le quotidien de quatre opératrices de la compagnie nationale du téléphone dans le Madrid des années 1920…

Anne Demoulin

— 

Nadia de Santiago, Ana Fernández, Maggie Civantos, Blanca Suárez dans la série «Las Chicas Del Cable».

Nadia de Santiago, Ana Fernández, Maggie Civantos, Blanca Suárez dans la série «Las Chicas Del Cable». — Manuel Fernandez-Valdes/Netflix

Netflix a les yeux tournés vers l’Europe. Après la politique-fiction française Marseille et le biopic anglais The Crown et avant le thriller allemand Dark, la plateforme lance ce vendredi sa première série espagnole, Las chicas del cable (Les Filles du câble). Une production en huit épisodes de 50 minutes, qui commence son voyage à Madrid en 1928. Pourquoi la série est une sorte de Mad Men édulcoré à la sauce hispanique ?

Une série teintée de féminisme

La série, comme Mad Men, montre comment le monde du travail a fait évoluer la place de la femme dans la société. Lorsque la compagnie nationale de téléphone ouvre son quartier général au cœur de la capitale espagnole, des centaines de filles font la queue dans l’espoir de devenir opératrices. Dans l’Espagne des années 1920, le lieu symbolise pour ces filles le progrès et la modernité, et le métier d’opératrice, un moyen de s’émanciper dans une société dirigée par les hommes.

Quatre filles, Lidia (Blanca Suárez), Marga (Nadia de Santiago), Carlota (Ana Fernández) et Ángeles (Maggie Civantos) obtiennent le poste tant convoité de standardistes, et vont se serrer les coudes face à un entourage, essentiellement masculin. « Ce sont quatre héroïnes très différentes, avec des objectifs différents, mais elles sont très complémentaires », souligne Nadia de Santiago.

« Ces quatre personnages féminins se battent pour leurs droits, leur indépendance alors qu’elles ont toutes des circonstances personnelles et qu’elles sont issues de milieux sociaux très différents », résume Blanca Suárez.

Une série historique très produite

« En Espagne, comme ailleurs, le monde de la télévision est centré sur les hommes. Il y a trop peu d’histoires sur les femmes comme tout le monde, et cette série contribue à changer cela tout en montrant un moment où la condition de la femme commence à changer », poursuit Maggie Civantos. « Cette série est universelle, ce n’est pas une série de femmes, même si les quatre rôles principaux sont tenus par des femmes », défend Ana Fernández.

La série a été créée par Gema R. Neira, Ramón Campos, Teresa Fernández-Valdé et réalisée par Carlos Sedes. Il s’agit de l’équipe à l’œuvre derrière la série Velvet, fiction qui racontait à la maison de couture et grand magasin madrilène de la fin des années 1950, et la série Grand Hôtel, qui relatait la vie quotidienne dans un palace au début du XXe siècle. Las Chicas del cable est « la première fiction faite sur les années 1920 en Espagne », se réjouit Blanca Suárez. Décors et costumes soignés, et beautés glamours sont au rendez-vous. « Ces femmes ont les mêmes combats qu’aujourd’hui, le combat pour l’égalité, comment conjuguer la vie de famille et le travail, mais au moins nous sommes sur le bon chemin », estime Ana Fernández. N’est pas Mad Men qui veut, certes, mais on peut s’attendre à un show à la Call The Midwife.

Mots-clés :