«Tampon, notre ennemi intime» sur France 5: «On est au début du chemin, tout reste à faire»

INTERVIEW Ce mardi à 20h50, France 5 diffuse une enquête inédite réalisée par Audrey Gloaguen sur les tampons hygiéniques…

Clio Weickert

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France 5 diffuse une enquête sur les tampons hygiéniques

France 5 diffuse une enquête sur les tampons hygiéniques — © Dreamway Productions

Le tampon hygiénique dans le collimateur. Ce mardi à 20h50, France 5 diffuse une enquête inédite sur le Tampon, notre ennemi intime. Car depuis quelques années, ce produit du quotidien est au centre de tous les débats et de toutes les inquiétudes. A cause du syndrome du choc toxique qu’il provoque, en recrudescence depuis le début des années 2000, mais aussi en raison du secret qui entoure sa composition, rudement bien gardé par les industriels, mais pas sans risques… A l’occasion de cette soirée spéciale sur France 5, 20 Minutes a posé quelques questions à Audrey Gloaguen, la réalisatrice de ce documentaire « coup de poing ».

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Pourquoi vous êtes-vous penchée sur ce sujet ?

C’est une pétition en ligne lancée en 2015 par Mélanie Doerflinger qui a attiré notre attention. Une pétition demandant la transparence sur les compositions des tampons et qui a très vite pris de l’ampleur. A la suite de cela, nous avons commencé à regarder ces compositions et nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait effectivement rien d’indiquer sur les boîtes. Les industriels des gels douches sont obligés de mettre la composition des produits sur les flacons, pas ceux des tampons… A partir de là, on a été de découvertes en découvertes.

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Sur ces mystérieuses compositions et sur ce fameux syndrome du choc toxique…

Le gros problème c’est qu’extrêmement peu de médecins sont formés à cette maladie, une maladie qui est extrêmement difficile à diagnostiquer. Tout se dérègle en même temps, et cela peut être dramatique, les deux jeunes femmes qui témoignent dans ce documentaire ont frôlé la mort.

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Pensez-vous que les risques liés aux tampons sont encore sous-estimés ?

On est au début du chemin, tout reste à faire. Il y a des lanceurs d’alerte, le tabou commence à se lever autour des règles (un tabou qui arrangeait d’ailleurs très bien les industriels), mais aussi autour de la question du féminisme. Le tampon a été un libérateur, mais du coup il a été difficile de remettre en question ce symbole de la libération de la femme. Mais aujourd’hui cela est possible car les jeunes femmes, qui n’ont pas connu cette période, osent s’interroger dessus. Et la question n’est pas de dire que les tampons sont forcément mauvais mais plutôt d’avoir la preuve qu’ils sont sûrs pour nous.

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Il est donc important de sensibiliser de plus en plus sur ce sujet ?

Si ce documentaire pouvait inciter les industriels à changer, les pouvoirs publics à s’emparer de la question, tout comme les scientifiques… J’espère en tout cas que les femmes vont continuer à se saisir de plus en plus de ce débat, en faisant des pétitions notamment. Le pouvoir de la femme consommatrice est essentiel. L’idée est de faire un choix éclairé et pouvoir inciter les fabricants de tampons. Si on n’en achète plus, il n’y a pas de mystère, les choses vont changer.

 

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