Le journaliste Karim Rissouli sur le plateau de «L'Emission politique» de France 2.
Le journaliste Karim Rissouli sur le plateau de «L'Emission politique» de France 2. - Charlotte Schousboe

Le tweet a suscité une vague d’indignation. « Je ne sais pas qui est ce barbu mais il n’est pas pour François Fillon ! Ça vous étonne ? » Jean-François Mancel, député de l’Oise, faisait ainsi allusion à Karim Rissouli, le journaliste de L’Emission politique de France 2 dont François Fillon était l’invité jeudi. Quelques heures plus tard, le principal intéressé a réagi sur Twitter en déplorant le « racisme ordinaire ».

Ce vendredi, l’homme politique s’est dit « sidéré » par l’interprétation faite de son tweet, affirmant qu’il parlait de « quelqu’un qui porte la barbe et rien de plus ». Une explication qui ne convainc pas Karim Rissouli que 20 Minutes a joint par téléphone.

Vous avez rebondi sur le tweet de Jean-François Mancel en disant espérer une réaction de François Fillon…

J’ai vu le tweet en rentrant chez moi, vers minuit et demi, parce qu’il avait été relayé par un certain nombre d’internautes. Je ne suis pas pour surréagir, mais je ne voulais pas laisser passer de tels propos. La question de l’émetteur est importante. Jean-François Mancel a beau dire [ce vendredi] qu’il parle de quelqu’un qui porte la barbe, je sais qui il est. Je ne pouvais pas laisser passer de tels propos venant de quelqu’un qui a, par exemple, passé un accord avec le Front national en 1998, ce qui lui a valu d’être exclu du RPR. Si cela avait été une maladresse, il aurait dû dire ce [vendredi] matin qu’il était désolé d’avoir été mal compris.

Cela vous a rassuré de recevoir autant de messages de soutien ?

J’ai reçu beaucoup de messages privés très sympathiques de confrères. J’ai vu des messages de certains politiques, tant mieux si ça fait réfléchir. Je ne veux pas en faire une histoire plus importante que ça ni faire dans la victimisation, mais je souhaite signaler, relever la libération de la parole raciste. Je ne veux pas être un symbole, ni me poser en procureur, mais je refuse qu’on s’habitue à ça. Ce n’est pas possible qu’un élu de la République tienne des propos pareils.

Les invectives des politiques envers les journalistes sont de plus en plus fréquentes. Cela aurait été inimaginable en 2012 ?

Ça ne vient pas n’importe quand dans la campagne. Il y a une libération de la parole radicale et parfois raciste. On a passé une étape dans la défiance des journalistes par les politiques. L’entre-deux-tours en 2012 avait été tendu, si on s’en souvient. Mais à l’époque, on n’était pas un punching-ball. On est devenu un moyen pour les politiques de faire oublier leurs affaires.

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