«BrainDead», la série qui rafraichit le cerveau

SATIRE Grâce à la nouvelle série de Michelle et Robert King, les créateurs de « The Good Wife », on sait enfin pourquoi les hommes politiques font n’importe quoi…

Anne Demoulin

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Mary Elizabeth Winstead campe Laurel Healy dans «BrainDead».

Mary Elizabeth Winstead campe Laurel Healy dans «BrainDead». — Michael Parmelee/CBS

Une série qui secoue le pulp ! Le nouveau show de Michelle et Robert King, les créateurs de The Good Wife, est un étrange cocktail qui se sirote l’été avec un plaisir non dissimulé. Prenez une bonne dose de Veep, une dose de Mars Attack, ajoutez un zeste de X-Files, vous obtenez BrainDead. Diffusé actuellement sur CBS, le show, complètement frappé, brasse la satire des coulisses de Washington aux codes de la série Z. Pourquoi on se délecte de ce couteau à deux lames ?

Quand la SF rencontre la satire politique

BrainDead suit les aventures de Laurel Healy, une documentariste contrainte de bosser quelques mois dans le cabinet de son frère, Luke Healy, un sénateur démocrate. Au même moment, des fourmis extraterrestres évadées d’une météorite prennent peu à peu le contrôle du cerveau des dirigeants à Washington pour orienter la politique américaine quand ils ne font pas carrément exploser la matière grise de ces derniers.

Le couple de showrunners réussit un mix équilibré entre les références à la SF des années 1950 et les magouilles politiques façon House of Cards. Le titre du 1er épisode donne le ton : The Insanity Principle : How Extremism in Politics Is Threatening Democracy in the 21st Century (Le principe de la démence : comment l’extrémisme en politique menace la démocratie au XXIe siècle).

Une ironie mordante et rafraîchissante

La série est servie par un casting impeccable. Dans le rôle-titre, Mary Elizabeth Winstead, repérée dans Cloverfield. Dans celui du frère, Danny Pino, alias le Détective Scotty Valens dans Cold Case. Les fans de The Good Wife retrouveront des visages familiers comme Zach Grenier, le regretté David Lee, qui campe ici le patriarche Healy. Le camp Républicain n’est pas lésé. Tony Shalhoub, l’inoubliable Adrian Monk, joue un sénateur alcoolique et son assistant aussi ambitieux que séduisant Gareth Ritter est incarné par Aaron Tveit, vu dans Graceland.

BrainDead, à l’instar de son aînée, est une « série pochette-surprise » qui mêle les genres à l’envie. L’héroïne, Laurel Healy, a beaucoup de points communs avec Alicia Florrick au début The Good Wife. Elle se retrouve catapultée dans un milieu qu’elle a quitté il y a longtemps, et dans un triangle amoureux. Le badinage amoureux et les joutes verbales entre Laurel Healy et Gareth Ritter évoquent tout à la fois la relation entre Alicia Florrick et Will Gartner, et les tirades d’anthologie d’Eli Gold. Quel plaisir pour les nostalgiques de The Good Wife de retrouver l’écriture d’orfèvre de Michelle et Robert King. On adore aussi ces moments un peu givrés où le « précédemment dans l’épisode précédent » est fait en chanson, façon comédie musicale, ou lorsque les personnes touchées par l’entité extraterrestre deviennent tout à coup accros au tube des années 1980 You Might Think de The Cars.

Certes, BrainDead n’est pas le nouveau Mad Men, ni le nouveau Breaking Bad, mais la série dézingue les hommes politiques, de Donald Trump à Hillary Clinton, avec une ironie tout aussi mordante que rafraîchissante. De quoi se laisser ronger le cerveau par cet excellent divertissement.