Une émission de téléréalité américaine propose de suivre le parcours de sept innocents volontaires incarcérés.
Une émission de téléréalité américaine propose de suivre le parcours de sept innocents volontaires incarcérés. - Capture d'écran / YouTube

De faux condamnés dans une vraie prison. Sept hommes et femmes se sont portés volontaires pour participer à une émission de téléréalité d’un nouveau genre.

La série de la chaîne A & E « 60 jours en prison » (« 60 Days In »), en 12 épisodes, se passe dans la prison du comté de Clark à Jeffersonville, dans l’Indiana (Etats-Unis).

Objectif ? Utiliser les faux prisonniers comme des taupes

Elle propose de suivre l’aventure de sept innocents au milieu de 500 détenus, filmés en permanence par 300 caméras. L’idée a été soufflée par le shérif local, Jamey Noel.

Son but ? Utiliser les participants comme des taupes afin de nettoyer sa prison, où les peines vont des petits délits aux meurtres. D’ailleurs, gardiens comme détenus ignorent la situation réelle des faux prisonniers, qui ont dû apprendre par cœur une histoire inventée de toutes pièces, très utile en cas d’interrogatoire par leurs compagnons de chambrée.

Gardiens et détenus ignorent le concept réel de l’émission

S’ils savent qu’une émission est tournée, ils pensent que l’équipe de télévision est présente pour suivre des « nouveaux » pendant leur première expérience en prison. Et seuls quelques responsables sont au courant du concept de l’émission.

« Les volontaires courageux nous ont permis d’identifier des problèmes graves à l’intérieur de notre système, que des policiers infiltrés n’auraient pas pu trouver », assure le shérif, certains policiers pouvant hésiter à dénoncer des collègues corrompus.

« Qui assumera la responsabilité si cette aventure à haut risque se termine mal ? »

Si l’émission a globalement été saluée par les critiques de télévision, elle a aussi soulevé quelques doutes, notamment sur les motivations réelles du shérif Jamey Noel.

« Certes, l’exercice a peut-être été bénéfique pour les autorités, mais on ne peut s’empêcher de penser que, comme dans la plupart des émissions de téléréalité, « 60 Days In » consiste d’abord à récupérer ses 15 minutes de gloire », a écrit Brian Lowry, critique télévision du magazine Variety.

« J’ai été très surprise. Je reste très préoccupée, car qui assumera la responsabilité si cette aventure à haut risque se termine mal ? », s’est de son côté interrogée Kelly Khuri, élue du comté de Clark, selon le site News and Tribune.

 

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