Le secret d'Elise, 6x52'. A partir du lundi 8 février sur TF1
Le secret d'Elise, 6x52'. A partir du lundi 8 février sur TF1 - Julien Cauvin / QUAD / TF1

Sept millions de téléspectateurs. La nouvelle série de TF1 a obtenu le succès attendu lundi soir. Au casting du Secret d’Elise, Bénabar, Hélène de Fougerolles, Bruno Salomone, Armelle Deutsch, Stéphane Freiss ou encore Valérie Kaprisky. Avec de telles têtes d’affiche et la force de frappe de la chaîne qui lui avait assuré une promo massive (à commencer par un site dédié), le sujet de la série était presque accessoire, du moins pour rafler une belle part d’audience. Il y a pourtant du neuf sous le soleil de la Tour TF1: adaptée de la série anglaise Marchlands, elle-même développée à partir d'un pilote abandonné par la Fox (The Oaks), Le secret d’Elise donne au fantastique une place en prime time.

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Elise est morte en 1969 dans d’étranges circonstances que ses parents (Bénabar et Armelle Deutsch) tentent d’élucider. En 1986, le couple qui a repris leur maison (Bruno Salomone et Hélène de Fougerolles) s’inquiète de voir leur fille se prendre d’amitié pour une amie « imaginaire », du moins le croient-ils. En 2015, une troisième famille s’installe dans la maison hantée… Trois couples, trois époques entremêlées autour d’un nœud assez classique : un « accident » mortel mystérieux. Mais au milieu de tout ça, un fantôme, donc.

Une charte du fantôme

Un fantôme doté d’une charte, même. « On a établi une charte du fantôme au début du développement, expliquait au dernier Festival de fiction TV de La Rochelle Iris Bucher, productrice de Quad à l’origine du projet. Le fantôme peut-il sortir de la maison ? Peut-il ou non traverser les murs ? Il fallait décider en amont et s’y tenir. »

En 2006, Iris Bucher avait produit Mon amour de fantôme, avec Virginie Efira, Bruno Putzulu et Amanda Lear, une histoire de maison hantée, déjà. « J’aime le fantastique depuis toujours, commente la productrice. C’est une façon différente d’entrer dans une histoire universelle. Car Le Secret d’Elise, c’est une série sur la famille et rien d’autre. En fiction, les sujets resteront les mêmes, ad vitam aeternam. Alors comment se renouveler, comment réinventer ? ».

Bénabar. © ETIENNE CHOGNARD/QUAD TELEVISION/TF1

Le retour du fantastique avec «Les Revenants»

Pour les scénaristes Elsa Marpeau et Marie Vinoy, aucun doute : « C’est grâce aux Revenants que ça a été possible. Ça a ouvert une brèche dans la télé française ».

Le fantastique n’a pourtant, évidemment, rien de nouveau dans l’univers cinématographique, et on a vu des morts revenir de l’au-delà sur le petit écran bien avant la série de Fabrice Gobert en 2012. En 1976, Antenne 2 diffusait par exemple la mini-série La poupée sanglante, adaptée du roman éponyme de Gaston Leroux. « Il y avait dans les années 1970-1980 une fantaisie extraordinaire, analysait auprès de 20 Minutes le directeur de la fiction de Canal+ Fabrice de La Patellière, à l’occasion de la saison 2 des Revenants. Puis les années 1990 et 2000 ont assagi la fiction, qui est devenue plus conventionnelle. On avait fini par s’interdire le fantastique en partant du principe que ça ne marchait pas».

Le succès de la saison 1 des Revenants (leur retour trois ans plus tard fut plus compliqué) a prouvé que le fantastique pouvait revenir sans crainte.

En mai dernier, Arte explorait le genre avec Intrusion, une mini-série autour d’un pianiste (Jonathan Zaccaï) victime de troubles de l’audition et de la vision le jour de ses 40 ans, et qui bascule dans une autre réalité. Que l’initiative vienne de la championne de l’exploration des genres en séries (l’anticipation, aussi, depuis Real Humans et avec bientôt Trepalium) n’avait rien d’étonnant. Que TF1 se mette à nous parler de fantômes l’est davantage.

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