Les acteurs Austin Butler et Ivana Baquero dans «Les Chroniques de Shannara».
Les acteurs Austin Butler et Ivana Baquero dans «Les Chroniques de Shannara». - MTV

Une série de fantasy avec des elfes, des gnomes et des démons ? Oui, vous êtes bien sur MTV. Avec Les Chroniques de Shannara, diffusée en France en quasi-simultané mardi à 22h15 sur Syfy, la chaîne américaine prend des risques et s’éloigne de ses productions habituelles.

« Nous ne voulions pas faire un autre Game of Thrones »

Ici, pas de mean girls dans les couloirs d’un lycée mais une lutte entre le bien et le mal qui lorgne sur le Seigneur des anneaux et sur Star Wars. Les producteurs Al Gough et Miles Millar (Smallville) préviennent d’emblée : « Nous ne voulions pas faire un autre Game of Thrones. »

Sur le papier, la quête reprend pourtant les clichés de la fantasy classique. Will, le jeune héros mi-elfe, mi-humain, doit sauver un arbre magique qui se meurt afin de repousser une invasion maléfique. Il est guidé par un druide grognon et épaulée par une princesse un peu coincée et une voleuse rebelle. Le twist, c’est que les événements se déroulent sur Terre, dans un futur post-apocalyptique.

Littérature « young adults » de 1982

« Terry Brooks écrivait de la littérature "young adults'' avant que le terme n’existe », s’amusent les producteurs, qui, avec Jon Favreau, adaptent ici un roman paru il y a plus de 30 ans. « Il mélange la fantasy et la science-fiction, avec des personnages féminins qui ne font pas de la figuration, c’est en plein dans l’air du temps. »

Dans le livre, l’aspect futuriste était pourtant mis en retrait mais Gough et Millar ont tenu à planter le décor dès le début, notamment en montrant les vestiges de la Space Needle, de Seattle. « Le message, c’est que vous n’êtes pas dans Westeros ou Middle Earth [les mondes inventés par George R.R. Martin et J.R.R Tolkien] mais sur Terre. »

Une approche pop assumée

Si l’intrigue des quatre premiers épisodes a un goût de déjà-vu, ces Chroniques de Shannara rajeunissent un genre rigide en mélangeant le néo et le rétro. Les costumes semblent sortir de chez The Kooples, les dialogues assument leur modernité et le pipeau et les violons sont remplacés par des chansons de Coldplay ou de Chvrches. Les images souvent cotonneuses de la fantasy laissent place à des couleurs saturées qui font ressembler les décors grandioses de la Nouvelle-Zélande au jeu vidéo Skyrim.

Certains crieront à la trahison. D’autres regretteront la simplicité manichéenne de la quête, qui tranche avec la moralité complexe des séries actuelles. Mais tous ceux en manque après la fin de The Hunger Games trouveront là un délicieux plaisir coupable et un vrai sens de l’aventure.

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