«Le Meilleur pâtissier»: Le dessert de Cyril en finale a été «une grande grande réussite»

INTERVIEW Le Bordelais de 37 ans s'est imposé ce mercredi dans la quatrième saison du concours culinaire de M6. Il répond aux questions pâtissières de «20 Minutes»...

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Cyril, le gagnant de la saison 4 du «Meilleur Pâtissier».

Cyril, le gagnant de la saison 4 du «Meilleur Pâtissier». — Lou Breton - M6

Quelque 3,2 millions de téléspectateurs, en moyenne, ont goûté avec les yeux aux délices sucrés de la quatrième saison du Meilleur pâtissier. Le concours gourmand de M6, réservé aux amateurs, a pris fin ce mercredi, au bout de huit semaines de compétition dont Cyril est ressorti vainqueur. Le Bordelais de 37 ans a répondu à 20 Minutes qui lui a mijoté une interview très portée sur les desserts.

« Le Meilleur pâtissier », c’est du gâteau ?

C’est pas du gâteau. Il faut être résistant, endurant, créatif… C’est vraiment un package. Ce n’est pas que de la pâtisserie. Il faut être sportif.

Vos proches font-ils tout un flan de votre victoire ?

Oui. Ils sont très très fiers. Ils m’ont bien soutenu. Ma famille la plus proche ne se rendait pas compte que je pâtissais aussi régulièrement.

Tiramisu, en italien, signifie littéralement « Tire-moi vers le haut » ou « Requinque-moi ». Quelle est la meilleure chose pour vous réconforter ?

Mes enfants, ma femme. Dès que j’ai un petit coup de mou, je pense très fort à eux. Même dans Le Meilleur pâtissier, ça m’a pas mal servi. Il y a des épreuves où on est moins forts qu’à d’autres, alors on se reconcentre, on pense aux choses essentielles et puis ça se passe très bien.

Quelle est la dernière fois où vous êtes resté baba ?

Quand j’ai vu Philippe Conticini [un chef pâtissier réputé] débarquer sous la tente [où se déroulent les épreuves du Meilleur pâtissier]. C’est un monsieur imposant dans tous les sens du terme. Il est médiatique, c’est une star et en plus, il est accessible. Il donne de son temps pour des amateurs comme nous, c’est inespéré de pouvoir le rencontrer et échanger avec lui. C’est un modèle pour moi, j’étais venu pour le voir. Et d’ailleurs, je me suis battu à certaines émissions pour pouvoir rester et le rencontrer, parce que je ne savais pas qu’il allait être là à la finale, mais je m’en doutais.

Quelle est votre madeleine de Proust ?

Quand j’ai fait mon tiramisu à l’épreuve 6, ça, c’est des souvenirs d’enfance parce que j’ai de la famille du côté de Milan… C’est un souvenir, des parfums que je connaissais. Je travaille beaucoup en pâtisserie avec des parfums d’enfance.

A qui claqueriez-vous bien le beignet ?

(Il rit et redevient sérieux) A tous les gens qui n’ont pas cru en moi au fil des années, tout simplement… A l’adolescence… Je suis quelqu’un de très nature, donc je m’entends bien avec à peu près tout le monde, mais c’est vrai que les gens qui critiquent sans connaître, là, j’ai vraiment envie de leur claquer le beignet. Sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de critiques gratuites. A ces gens-là, j’ai envie de leur dire : mettez un tablier, venez sous la tente et puis on en reparle. Ce qui m’a touché, c’est que sur les réseaux sociaux, certaines personnes ont critiqué énormément des camarades à moi. J’ai été épargné, mais il y a des candidats qui ont été énormément secoués. (Un temps) Et puis, ce n’est que de la pâtisserie, il n’y a pas mort d’homme. On est là pour faire plaisir aux gens.

Quel est votre dernier éclair de génie ?

Mon dessert [un dessert glacé abricot passion] avec Philippe Conticini pour la finale. Ça a été une grande, grande, grande réussite, parce qu’on sait que monsieur Conticini n’approuve pas les desserts comme ça, pour faire plaisir et là, il m’a dit qu’on pouvait vendre mon dessert dans sa boutique, qu’il y a beaucoup de pâtissiers qui ne font pas de pâtisseries comme ça, donc ça m’a touché.

Pour s’imposer dans « Le Meilleur pâtissier », il faut sortir du moule ?

Oui, parce qu’il faut savoir prendre des risques au bon moment. Parfois, j’ai été rebelle en refusant d’écouter Cyrile [Lignac] ou Mercotte et ça a porté ses fruits parce que j’ai gagné. A plusieurs reprises, Cyril m’a dit : « T’as osé et ça a bien marché. » Il faut savoir écouter, appliquer les bons conseils et puis, parfois, apporter sa petite touche de rébellion pour réussir.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs candidats du concours pour ne pas qu’ils finissent au bout du rouleau ?

Comme je le disais, ce n’est pas que de la pâtisserie. On se couche très tard, on ne dort pas beaucoup. Il faut être endurant, avoir la tête sur les épaules et faire la pâtisserie qu’on aime, garder son style, sa personnalité. Et avant de faire des choses exceptionnelles, il faut respecter les bases de la pâtisserie. On est que des amateurs, il faut commencer par faire les choses bien.

Que concoctez-vous pour la suite ?

J’ai vraiment envie de pousser ma passion de la pâtisserie. Même si je ne suis qu’amateur, je souhaite partager mes petits conseils. J’ai réussi à faire des pâtisseries sympas, donc tout le monde peut y arriver. J’ai envie de donner quelques petits cours, d’échanger sur la pâtisserie. Je suis policier municipal et je le reste. Je suis bien dans mon boulot. La pâtisserie, pour moi, c’est vraiment une passion et pour l’instant, ça le reste.