Les cathos regretteront-ils «Ainsi soient-ils» ?

SERIES Arte diffuse la troisième et dernière saison de la série…

Benjamin Chapon

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Les acteurs de la saison 3 de Ainsi soient-ils

Les acteurs de la saison 3 de Ainsi soient-ils — Arte France

Depuis 2012 et les débuts de la série Ainsi soient-ils sur Arte, la cathosphère numérique voue une haine tenace à la série accusée de faire dans la provoc, de ne présenter que des catholiques antipathiques et une église ringarde, voire malveillante. Le site Ainsisoient-ils.com est ainsi en première ligne de la fronde. A propos de la saison 3, le site écrit : « Comme si l’Eglise c’était quelque chose de triste, il pleut tout le temps ! Les intérieurs sont sombres, comme au royaume des ténèbres. Certains curés n’ont d’intérêt que pour les passionnantes chasses aux souris de leur presbytère. On grelotte et les églises restent désespérément vides. »

Pour bien marquer les clichés prétendument véhiculés par la série, les auteurs du blog ont créé un bullshit bingo, jeu consistant à lister les péripéties attendues. On retrouve ainsi « complot au Vatican », « Pie XII pendant la guerre » ou « l’église protège les prêtres pédophiles. » Certaines de ses occurrences pourront être cochées à partir du jeudi 8 octobre et le début de la diffusion de la troisième et ultime saison.


Mais dans les églises, les opinions sur la série sont moins tranchées. On y trouve même quelques fans. Le père Francis, qui officie dans l’Oise, a entendu ses ouailles parler de la série avant de la regarder. « Les clichés ? Je préfère en sourire. Qui peut croire que cette série est réaliste ? Il y a des archétypes, des situations caricaturales, bien sûr, c’est comme ça que ça marche. Ça fait partie du jeu médiatique. On parle toujours des catholiques sous l’angle des problèmes. Les scandales de pédophilie, les archaïsmes, les églises qui se vident… Mais c’est normal. Quand on parle de politique aussi on voit les problèmes et pas forcément les beaux aspects. »

Des cercles de visionnage entre « croyants et non croyants »

Le prêtre en revanche reconnaît à la série de puissantes vertus narratives. « On a envie de suivre ces personnages, c’est haletant. Le scénario pose les bonnes problématiques liées à l’engagement, à la foi au sens large quand elle se heurte au monde réel. » Parmi le cercle de téléspectateurs de la paroisse, certains ont été gênés par des facilités scénaristiques, notamment sur la question de la sexualité des prêtres, un sujet qui mériterait « un documentaire approfondi et des débats plutôt qu’une œuvre de fiction ».

Gérard Michelot, diacre en région bordelaise, organise lui des séances de visionnage le jeudi soir avec des amis « croyants et non croyants » : « Cette série ne donne pas envie de devenir catholique et encore moins de devenir prêtre. Et alors ? C’est par un appel de Dieu qu’on devient prêtre ou croyant, pas par un appel de la télévision. Et je ne crois pas que des catholiques aient cessé de croire en Dieu après avoir vu la série. Mais ils auront passé un bon moment devant une excellente fiction. »

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