Caroline Fourest a tweeté ce message après avoir été coupée par Sky News pour avoir montré la une de «Charlie Hebdo» en direct.
Caroline Fourest a tweeté ce message après avoir été coupée par Sky News pour avoir montré la une de «Charlie Hebdo» en direct. - Capture d'écran 20 Minutes / Caroline Fourest / Twitter

Contrairement aux médias français, les médias anglo-saxons (et en particulier les chaînes de télévision) sont très réticents à l’idée de montrer la une du nouveau numéro de Charlie Hebdo. C’est le cas de Sky News, chaîne d’information en continu britannique, qui n’a pas hésité à interrompre son interview en duplex avec la journaliste Caroline Fourest, ancienne contributrice du journal satirique, lorsque celle-ci a brandi le numéro 1178 à l’antenne avec une nouvelle caricature de Mahomet

20 Minutes a recueilli la réaction de Caroline Fourest après ce duplex.

Aviez-vous prévu de montrer la une de Charlie avant même d’être en direct?

J’ai enchaîné beaucoup d’interviews pour plusieurs télés du monde entier. Toute la journée j’ai halluciné de constater que les journalistes américains et anglais décrivaient cette couverture sans la montrer. Que les médias ne montrent pas cette couverture douce innocente, ça me sidère. Quand je me suis retrouvée en direct [sur Sky News], c’était assez réfléchi, même si j’ai eu peu de temps pour le faire.

Aviez-vous anticipé cette réaction de la part de Sky News?

Je ne pensais pas que je serais coupée à l’antenne. C’est d’une violence inouïe et d’une hypocrisie absolue. Cela va au-delà de la liberté de l’expression, c’est un refus d’informer. Il y a aussi cette espèce de philosophie que je considère comme raciste et exotique qui considère que tous les musulmans du monde ne sont pas capables de regarder un dessin de Charlie Hebdo.

C’était indispensable pour vous de brandir cette une à la télévision britannique, que vous saviez opposée à son exposition à l'antenne?

C’est quelque chose que je devais à mes camarades tombés sous les balles des djihadistes. Si tous les journaux du monde avaient montré les caricatures danoises en 2006, ils ne seraient pas morts. Pour moi c’est la fin de la démocratie si au nom d’un interdit religieux imaginaire on se refuse à informer sur l’événement le plus important du moment. C’est encore plus grotesque à l’heure d’Internet. 

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